"Doit-on tout faire pour être heureux ?"

Il est tentant de répondre oui, dans un article récent, j'abordais la question de comment s'exprimer (s'opposer, contester...) sans internet, un semblant de réponse ? Les cyniques des rues ou philosophes de rues dans l'empire romain sous Vespasien (empereur romain de 69 à 79 ap JC). Par leurs paroles, ils s'attaquaient aux conventions sociales et prêchait un retour à la nature, rencontrant la foule ordinaire, esclaves, personnes déjà acquises à leurs causes venues les écouter...et excitaient les mauvais sentiments du prolétariat. Pour parler clairement, il y a un point commun entre ses philosophes de rues et ceux qu'on appelle contestataire sur la toile.
Le rapport avec le sujet ? Tout simplement que ces personnes philosophes par leurs paroles et actions sont heureuses au quotidien, elles vous diraient que leur but est le bonheur de tous (le peuple !) elles ne vivent que pour ça et à travers ça, quitte à rameuter les foules, interpeller, chercher à dézinguer les personnes au pouvoir. Les philosophes n'auraient rien fait d'autre !
Bien qu'il semblerait que ces cyniques s'en prenaient souvent aux sénateurs hostiles à Vespasien, celui-ci n'hésita pas à les expulser en 71 de Rome, avec l'ensemble des autres philosophes, Vespasien les percevait sur le long terme comme une menace, le débat philosophique, la compréhension, la réflexion, la peur d'une évolution vers une contestation prenant de plus en plus d'ampleur contre le système et le pouvoir en place. Peur d'un retour à une république, Vespasien tenait son pouvoir de l'armée, non du peuple et ni du sénat, il avait su imposer la paix suite à un début de guerre civile grâce à l'armée qui lui était alors fidèle. Les sénateurs ayant vu leurs anciens collègues malmenés et supprimés par les prédécesseurs de Vespasien n'avait alors pas ou plus la volonté de s'opposer catégoriquement au pouvoir de l'empereur. Et comme les sénateurs devait leur poste à l'empereur et à nul autre....
Les cyniques ou philosophes de rues avait des adversaires "philosophiques", les stoïciens, les sophistes, chargés de moquer les cyniques et leurs paroles...Ne nous y trompons pas, les deux catégories de philosophes avaient besoin l'un de l'autre ! Je crains qu'une société où tous dirait la même chose, sans contestation aucune est impossible vu sous cet angle.
On ne nous le dit pas ou pas assez (Pourquoi ne nous l'a t'on pas dit ?) mais les cyniques et sophistes sont essentiels et inévitables dans nos sociétés......Sinon, cela nous permettrai de relativiser les propos de chacun et de mieux appréhender la situation...et de nous étriper sur des choses futiles, les débats trop passionnés etc.
Les personnes ayant chacun une approche et une vision différente de la vie, qu'il est normal que chacun se comporte et pense différemment du voisin.
Et pourtant, songez qu'il y avait un débat à l'époque entre cyniques et stoïciens : le thème de l'opposition entre le tyran et le roi, qui fut l'objet de discours par Dion Chrysostome, où il est question qu'à l'inverse du tyran, le roi tire sa légitimité et son pouvoir de dieu, choisi par lui seul, son pouvoir n'étant pas héréditaire. Point important "l'élection divine" qui ne permet pas de transmettre sa place ou fonction à sa descendance, voila une idée gênante, dérangeante pour le césar en place,  (On comprend évidemment le pourquoi du comment de l'expulsion des philosophes de Rome à cette époque) débat qui ne manqua pas d'inquiéter le pouvoir en place et donc Vespasien..Lui qui entend transmettre et céder sa place à son fils et à nulle autre ! Vespasien tyran donc ? Pas choisi par dieu pour commander l'empire ? Les empereurs romains étaient divinisés à l'époque après leur mort..Cette sorte d'intronisation de l'ancien empereur en divinité nous fait sourire aujourd'hui. Là aussi, Vespasien fait tout pour être heureux, à sa manière certes, il faut songer que la frontière est mince entre tyran et roi choisi par dieu, on ne sait pas lequel (Jupiter ? Jules ?) et est sujet à caution. Deux mots sur la royauté, la croyance en un roi sage, qui pense qu'à son peuple, désintéressé et exemplaire est une image d'Épinal farfelue.
Faut-il donc avoir la puissance d'une armée derrière soi, être au commande d'une dictature (ou la vouloir) pour être heureux ? Faut-il débattre, s'opposer, contester, blogger, avoir quelqu'un ou quelque chose à voir ou faire tomber ou malmener pour être heureux ? Et devenir une raison de vivre.
Dayofdoom qui remercie la terre entière de lui fournir matière pour composer ce blog.

Tags : "Doit-on tout faire pour être heureux ?" - sujets en série L Bac 2014 Philo - raison de vivre - cyniques des rues et philosophes de rues - Vespasien - Empire romain - constestataire - bonheur - expulsion des philosophes de Rome - les sophistes - les stoïciens - Dion Chrysostome - le tyran et le roi - Maître de Justice - l'Homme du Mensonge - combat ou débat du quotidien - Doit-on tout faire pour être heureux ?

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Comments :

  • dayofdoom

    16/06/2014

    L'artiste est-il maître de son œuvre ? Cela dépend de son vécu, de ce qu'il veut exprimer, de ce que son auditoire veut...Que croyez-vous que feraient les cyniques et philosophes des rues ? à votre avis ? Ils s'en prendraient aux "méchantes" personnes qui ont du pouvoir, les puissants .....C'est que le peuple est cruel.

  • dayofdoom

    16/06/2014

    J'oubliais, conseil de lecture : Histoire économique et sociale de l'Empire Romain de Rostovtseff

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