• 36160 visits
  • 577 articles
  • 6570 hearts
  • 3268 comments

Mais où est le chaos ici ? 07/02/2013


Les Visiteurs de ce blog doivent penser « day of doom....jour de chaos.....mais où est le chaos ici ? »
Alors bien sur, effectivement selon les normes, les vôtres, à propos du chaos, mon blog et les articles doivent paraître bien ordonné, jolis et aimables.Mais le chaos lui est pourtant bien là :
 
- Je dénonce et suis contre l'alcool et les drogues => J'apporte le chaos.
- Je parle de la futilité de la consommation de masse actuelle => J'apporte le chaos.
- Je parle de non-violence et de paix => J'apporte le chaos.
- Je parle d'athéisme, de ne pas suivre aveuglément les religions ainsi que les fanatiques => J'apporte le chaos.
- Je parle de se comporter en adulte responsable et digne et fais appel au sérieux => J'apporte le chaos.
- Je parle de citation franc-maçonne et incite à la réflexion => J'apporte le chaos.
- Je fais des articles contre les dissections de souris dans les établissements scolaires => J'apporte le chaos.

Je l'apporte dans les têtes à ceux qui lisent les articles et dont le contenu les interpelle. Dans le sens où la société devient complaisante envers les substances illicites, Où la propagande la plus niaise et sournoise est ce que les imbéciles veulent entendre, quand l'intellectualisme est clairement mis au piloris par des ignares, dans ce monde violent où pour "stopper" la violence certains en appellent a plus de violences...
Dayofdoom qui remercie la terre entière de lui fournir matière pour composer ce blog.

Tags : chaos - J'apporte le chaos - dayofdoom - day of doom

Horizons 15/12/2010

Horizons
Horizons
Horizons
Horizons
Horizons
Horizons

J'ai toujours aimé contempler les villes....

Tags : villes - horizons

Parlons de moi 02/12/2010

(retrouvez les dessins de zem  => http://zemapprentimaitrezen.wordpress.com/)
 
Oui, parlons de moi, j'imagine que vous devez vous dire "ah avec ta religion, quand tu es en meditation, tu te moques du monde autour de toi, tu ne voit rien arriver, les pires malheurs etc, t'as de la chance d'être serein et détaché de tout...."
Pas du tout. c'est même le contraire.
Je cherche à atteindre la paix et la sérénité (ce qui est différent de je suis serein)
En fait, j'angoisse pour un rien, pour l'avenir, mes proches....angoisses injustifiées.
J'espère seulement ne pas être malade des nerfs.

On tourne en rond... 28/11/2010

Un jour, j'ai entendu un moine bouddhiste parler de sa façon de voir le samsāra (c'est-à-dire les états de l'existence sous l'emprise de la souffrance, de l'attachement et de l'ignorance):
"le samsāra, c'est comme un manège où on essaie à chaque tour d'attraper la poupée de chiffon pour gagner un tour gratuit de manège". à l'époque, disait il, enfant, il n'avait pas voulu faire un tour de manège.

Lin-tsi (http://www.onelittleangel.com) 28/11/2010

Biographie


Lin-tsi vécut au IXe siècle, sous la dynastie des T'ang. Le caractère abrupte de sa pensée lui valut de son vivant une célébrité nationale. Il est le fondateur de la branche Rinzaï du Zen.

Son école transplantée au Japon vers le XIIIe siècle y devint le Rinzaï. Lin-tsi était partisant d'une approche directe et brutale pour provoquer l'état d' Eveil chez le disciple. Ses diatribes violentes étaient célèbres. En voici un exemple :
Adeptes, voulez-vous voir les choses conformément au Dharma ? Gardez-vous seulement de vous laisser égarer par les autres. Tout ce que vous rencontrez au-dehors, comme au-dedans de vous-mêmes, tuez-le. Si vous rencontrez le Bouddha, tuez le Bouddha ! Si vous rencontrez un Maître, tuez le Maître ! .... C'est là le moyen de vous délivrer, d'échapper à l'esclavage; c'est là l'évasion, c'est la l'indépendance.
De ces adeptes qui de toutes parts viennent à moi pour que je leur apprenne la Voie, il n'en est pas un qui soit indépendant, tous sont tombés dans le piège illusoire tendu par les anciens. Moi, le moine des montagnes, je ne possède aucun Dharma à transmettre aux hommes; je ne fais que traiter la maladie et dénouer les liens.
Je vous le dis : il n'y a pas de Bouddhas, il n'y a pas de Dharma, point de discipline à cultiver, point de fruit à en attendre. Que cherchez-vous donc auprès d'autrui ? Aveugles, qu'est-ce qui vous manque donc ? C'est vous-mêmes qui ne différez en rien du Bouddha et des patriarches !Mais vous n'avez pas confiance, et vous allez chercher au-dehors.

???? Ce que j'en pense ? Brûlez vos statues. LOL (hé, je blague....)

Tags : lin-tsi

Satori (http://www.buddhaline.net) 26/11/2010

Pour illustrer concrètement l'ascension vers la maîtrise de l'esprit, maîtrise préludant à ou étant l'Illumination-Eveil, elle-même, l'iconographie chinoise a pris le buffle, le boeuf ou la vache

Par Vénérable Shinjin

On pense très généralement que le Zen est différent des autres approches du Bouddhisme. Cette impression fausse a probablement son origine dans des développements récents en Chine et au Japon. Le mot japonais "Zen" vient du mot chinois "Ch'an", lequel vient du mot sanscrit "Dhyana" (Jhana en Pâli) et signifie "méditation". Dhyana fut introduit en Chine, en provenance de l'Inde, vers le 6ème siècle après J.-C., probablement par Bodhidharma. Mais en Chine, puis plus tard au Japon, son exercice subit des modifications considérables, au point de le rendre méconnaissable, à cause du caractère et de la culture de ces deux pays, de telle sorte que cette tradition est de nos jours, généralement considérée comme chinoise ou japonaise. Cependant, l'esprit du Bouddhisme originel dont la source est en Inde, reste sous-jacent dans le vide du Zen. En effet, ses principes fondamentaux trouvent leur origine dans l'enseignement et les idées des Textes Canoniques.

D'importantes doctrines considérées par les ignorants, comme typiquement Zen, sont en complète harmonie avec l'enseignement et la tradition Thera-vâda. Par exemple, le Zen prétend que la réalisation du "satori" (illumination ou éveil) ne se trouve pas dans les textes, qu'il est impossible de réaliser l'expérience du satori par la seule lecture des sutras et qu'on ne doit pas s'attacher à la lettre de la Loi. Ceci ne signifie nullement que l'on ne doit pas étudier les sutras ou les textes. Tous les maîtres Zen ont été et sont encore des érudits en matière de textes. Comme le Dr D.T. Suzuki l'a fait remarquer d'une façon humoristique : "Le Zen prétend être une transmission spécifique en marge des textes et être allergique à tout verbalisme, mais ce sont les maîtres Zen les plus bavards et les plus prolixes en écrits de toute sorte".

L'idée que la réalisation de la Vérité (Nirvâna) ne peut être atteinte par la seule étude du Dhamma est une doctrine essentielle du Thera-vâda. Mais la connaissance du Dhamma (pariyatti) est un outil nécessaire. Bien entendu, cette connaissance seule ne peut suffire. Elle doit être mise en pratique dans la vie de tous les jours (patipatti). D'après le Dhammapada (vv 19.20), celui qui connaît les textes à fond, mais ne met pas cette connaissance en pratique est comme un homme qui compterait les vaches de son voisin ! Celui qui est moins érudit mais qui met en pratique ce qu'il a appris en tirera joie et bénéfice. D'après la tradition Thera-vâda, la personne qui étudierait les textes sans utiliser ses connaissances pour s'enrichir spirituellement, ferait mieux de dormir que de perdre son temps à l'étude des textes.

Le Dhamma (l'enseignement) est comparé, par le Bouddha, à un cadeau (Kullupana) dont le seul but est de nous faire traverser la rivière et non pas de devenir un objet d'attachement, (nittha-rantthaya no gahanatthaya). Si l'on se contente de s'asseoir sur le radeau sans le diriger convenablement et sans ramer, on n'arrive jamais sur l'autre rive. Une fois l'autre rive atteinte, il est sans objet d'emporter le radeau sur son dos sous prétexte qu'il a rendu service. Il vaut mieux le laisser pour qu'il soit utilisé par quelqu'un d'autre. Il serait par contre ridicule de le brûler, de le détruire après qu'il a servi. Un moine Zen érudit nommé Tokusan (782-865), spécialiste du Sutra de Diamant, aurait, dit-on, brûlé le sutra et toutes ses notes, apparemment par mépris, après avoir obtenu "l'éveil soudain". Sa longue étude du sutra était probablement en grande partie responsable de son prétendu "éveil soudain".

Un autre thème important du Zen est qu'il vise à se concentrer sur l'esprit. C'est en d'autres termes la même chose que signifie l'expression pâli sacchikaroti qui veut dire "voir avec ses propres yeux", "expérimenter directement". Ainsi, le Dhamma également (la Vérité) "doit être atteint par le sage solitairement, dans sa solitude intérieure" (paccattam verditabbo vinnuhi).

Le thème le plus important du Zen est la réalisation de la Bouddhéité par la vision directe de sa propre nature. Cette vision "dans sa propre nature", ou " dans la Vérité", apparaît dans les textes pâlis dans des expressions comme nanadassana (voir avec sagesse), cakkhum udapadi (l'oeil était né ouvert), panna udapadi (la sagesse apparut), aloko udapadi ( la lumière apparut).

Dans la phraséologie Zen, on devient un "Bouddha" en réalisant le satori. Le sens qui est donné ici au mot "Bouddha" n'est pas le même que celui du Bouddha Gotama qui était un Sammâsambouddha (parfaitement et pleinement illuminé). Il serait flatteur de penser que n'importe qui peut devenir aussi extraordinaire que le Bouddha Gotama, simplement en réalisant le satori, quel que soit le sens exact de ce mot. Ici, le mot "Bouddha" est utilisé dans son sens le plus restreint de "l'Eveillé" ou "Illuminé" (de la racine budh=éveiller"). Quiconque a réalisé la Vérité (nirvâna) pourrait être appelé "bouddha" dans ce sens, d'après la tradition thera-vâda. L'upasakajanalankâra, traité pâli s'occupant de l'éthique des laïcs et écrit au 12e siècle ( ?) par un Thera nommé Ananda (dans la tradition Thera-vâda du Mahâvira d'Anuradhapura), déclare que si un disciple atteint l'illumination (shravaka-bodhi) il est dès lors un Shravaka-Bouddha. Dans le theragatha même, le terme de sambodhi (plein éveil) est utilisé pour définir la réalisation de l'état d'arhat par un thera.

Le Commentaire dit qu'à cet endroit, le terme sambodhi signifie arahatta (état d'arhat). Même un Sammâsambouddha est un arhat (arahamsammasam-bouddho). Thera-vâda et Mahâyâna sont d'accord en ce qui concerne vimutti (ou vimukti) à savoir, émancipation libération ; c'est à-dire en ce qui concerne l'état d'arhat et la libération des souillures. Il n'y a pas de différences entre le Sammâsambouddha( Samyaksambouddha en sanscrit), le Paccekabouddha (Pratyekabouddha, en sanscrit) et un Savaka (Shravaka, en sanscrit), c'est à dire un disciple qui est libéré (ayant atteint l'état d'ahrat). Un Sammâsam-bouddha est supérieur à un Paccekabouddha et à un disciple libéré dans le domaine de la connaissance et la possession d'innombrables qualités, talents et potentialités.

Même si un disciple ayant réalisé le Nirvâna, ayant atteint l'état d'arhat, peut être appelé "Bouddha", le Thera-vâda, sans doute par discrétion, n'utilise pas ce terme avec la générosité dont fait preuve le Zen à l'égard de ceux qui sont supposés avoir réalisé le Satori. (Le Zen insiste beaucoup sur la soudaineté de la réalisation du satori comme s'il s'agissait là d'une qualité particulière et fait état de nombreuses histoires qui illustrent ce fait. Par exemple, le maître Zen Reiun, après trente années d'entraînement et de discipline sévères, atteignit le satori à la vue d'une modeste fleur de pêcher épanouie. Maître Kyogen, après une quête longue et ardue, eut son satori en entendant le bruit d'un caillou frappant une tige de bambou. Un autre maître Zen du nom de Mumon avait pratiqué, pendant six années, une discipline de méditation sévère sur le fameux koân Mu ou Vide (néant) sans résultat. Un jour, il entendit le roulement du tambour qui annonçait l'heure du repas et réalisa soudainement le satori.

Les exemples de ce genre ne manquent pas dans les commentaires pâli, soit "d'éveils soudains" ou des "réalisations soudaines de l'état d'arhat". Un acrobate, nommé Uggasena, se tenant en équilibre sommaire au sommet d'un mât de bambou, crut entendre le Bouddha prononcer les paroles suivantes, ressemblant à un koân Zen : "Largue devant, largue derrière, largue au milieu, au-delà de l'existence avec un esprit totalement libéré, tu ne reviendras pas pour naître et mourir".

Un thera nommé Usabha, vivant dans une grotte au pied d'une montagne blanche, fut pris d'un profond dégoût pour l'existence parce qu'il n'arrivait pas à se débarrasser d'impures idées de convoitise. Au moment où il se préparait à se suicider, en se jetant dans le vide du sommet d'un rocher, il atteignit l'état d'arhat. Le jeune prince Vitasoka, jeune frère de l'empereur Asoka, était un élève de Giridatta Thera et connaissait bien le Dhamma (dharma, en sanscrit). Un jour, il prit le miroir que tenait le barbier en lui taillant sa barbe et apercevant son visage par réflexion il atteignit l'état de Sottapatti (entrée dans le courant) Plus tard, il se fit bikkhu sous l'autorité de ce même maître et atteignit l'état d'arhat. Baghu Thera, afin de vaincre une somnolence tenace, sortit de sa cellule et, comme il pénétrait dans le cloître pour méditer (Cankama, marcher), il atteignit au même moment l'état d'arhat.

De même, une religieuse (theri) d'âge avancée, nommée Dhamma Theri, revenait de sa tournée d'aumônes quand elle tomba par terre. Soudainement et inopinément, son esprit fut libéré. Siha theri, soeur du général Siha, n'était pas arrivée, après sept années de méditation sérieuses, à trouver la paix de l'esprit. Très désappointée et écoeurée de ne pouvoir trouver cette paix, elle décida de se pendre. Ayant attaché une corde à une solide branche, elle passa la tête dans le noeud coulant. Et tout d'un coup, elle réalisa la vérité et devint Arhat. Patacara Theri avait atteint l'état de sotapatti et visait des états plus nobles. Un jour qu'elle se lavait les pieds dans une bassine, elle vit un peu d'eau disparaître dans le sol. A trois reprises, elle vit ainsi l'eau disparaître dans le sol. A cette vue, elle fut complètement fascinée par la pensée de l'impermanence et la façon dont les agrégats apparaissent et disparaissent. Perdue dans ses pensée, elle aperçut le Bouddha qui lui parlait : " Un seul jour de la vie d'une personne qui perçoit le flux et le reflux (des choses conditionnées) est plus utile que les cent années de la vie de quelqu'un qui ne percevrait rien". Au même moment, Patacara atteignit l'état d'arhat.

Bien que la réalisation de l'Eveil, de l'Illumination, de l'Emancipation dont il fait état dans ces histoires Zen et Thera-vâda ait l'air d'être soudaine, il n'en est rien en fait. Dans ces exemples comme dans beaucoup d'autres, l'éveil "soudain ou subit" n'intervient qu'après une très longue période de sévères discipline, entraînement, lutte et pratiques, sinon dans cette vie, peut-être dans une vie ou des vies antérieures conformément à l'enseignement et à la croyance bouddhiques. L'événement n'est soudain que parce qu'il ne peut être ni prévu ni programmé, ni fixé par un acte volontaire : personne ne peut décider qu'après un certain nombre de semaines, de mois ou d'années de discipline et de méditation, l'éveil se produira à une date et une heure données. Cet événement se produit au moment le plus insolite, dans des conditions que l'on avait jamais envisagées, quelque fois d'une façon presque dramatique. Mais, ce moment finit par arriver, résultat d'une lutte et d'un entraînement éprouvants et longs. Les Maîtres Zen admettent eux-mêmes que "tout le monde ne peut pas espérer avoir l'entraînement suffisant pour réaliser l'expérience merveilleuse du Satori."

Que sont les Tableaux du Boeuf ? (http://www.buddhaline.net) 27/11/2010

commentaires avec ajout du vén. Saddhânanda

Alors pour démontrer les péripéties inhérentes à la maîtrise de l'esprit, s'adressant à une population de pays à majorité paysanne, l'Enseignant a pris, pour développer son argumentation philosophiquement pragmatique et réaliste, le buffle, élément indispensable de la vie quotidienne à plusieurs points, tant celui de la traction de la charrue dans les rizières que celui du lait pour la femelle, celui du combustible pour la bouse, celui de la nourriture avec leur viande, celui du confort par l'utilisation de leur peau, soit en chapeau, manteau ou chaussures, etc.

Bien qu'il ait toutes les apparences d'une quiétude parfaite, le buffle subit un sérieux apprentissage avant que d'être conduit dans les rizières où, selon la configuration du lieu, souvent escarpé, il ne jouit que de peu de latitude pour se mouvoir. Imaginez le désastre, s'il paniquait pour un oui ou pour un non, puisque les rizières à flanc de montagne forment un réseau hydrologique très complexe et d'une seule pièce pour économiser l'eau qui les arrosent. Des générations de travail à la main, à l'eau, c'est le cas de dire !

Donc le premier apprentissage qu'un père dispense à son fils dans sa vie d'homme (souvent très jeune par nécessité) est celui du buffle (de boeuf, du zébu, du yak, etc.), car l'animal est en quelque sorte le garant de la nourriture que l'on obtient de la terre qu'il permet de cultiver. C'est un phénomène quasi universel dans les pays en voie de développement a forte prédominance agraire, que ce soit dans certains pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique centrale et du Sud, où l'usage d'un tracteur mécanisé est voué à l'échec vue l'exiguïté des terrains. Nous plongeons ici dans le coeur même de la transmission universelle de l'apprendre, du savoir et du faire,

Donc, pour illustrer concrètement l'ascension vers la maîtrise de l'esprit, maîtrise préludant à ou étant l'Illumination-Eveil, elle-même, l'iconographie chinoise a pris le buffle, le boeuf ou la vache, l'iconographie bouddhique, elle, a choisi, faute de vaches à dompter, l'éléphant, sorte de "bonne à tout faire". Les exemples d'éléphants fous, parsemant jatakas, soutrâs et sastras, sont significatifs des dégâts qu'ils peuvent occasionner, malgré leur irréfutable, normalement placide utilité, tout comme le mental chez l'être humain. Donc, indispensabilité impérative de ce dressage.

Vén. Saddhânanda

******

Premier Tableau :

la recherche du buffle : L'être humain cherche en fait le buffle sur lequel il est juché sans le savoir, c'est-à-dire qu'il cohabite à son insu avec une partie de lui même qui lui est cachée : c'est elle que l'on peut appeler sa nature propre de Bouddha. Rappelons que c'est Brahma lui-même qui cacha l'essence divine au plus profond de l'homme en arguant, au collège des sages convoqués pour la circonstance, que c'est l'unique endroit où le commun des mortels n'aurait pas idée d'aller la chercher. Qu'est-ce qui l'empêche de voir le chemin qu'il doit prendre pour cela les trois poisons, la convoitise ou avidité, la haine et surtout l'ignorance. La dualité du bien et du mal, de l'attachement et de la peur de perdre l'objet de son attachement entretien la confusion de son esprit et devant la multitude des chemins qui s'offre à lui, il ne sait lequel prendre. L'attachement à ses sens l'ayant complètement affolé, il va, deci-delà sans direction précise, interrogeant tout sur son passage, même le clapotis ou le grondement d'une cascade pour savoir s'il existe quelques traces visibles du buffle. Mais il n'en continue pas moins pour autant son chemin avec confiance, avec circonspection et persévérance.

******

Deuxième Tableau :


la vision d'empreintes : parti à la quête du buffle, il rencontre différents personnages qui lui dispensent des enseignements, qui répondent à certaines interrogations, qui lui proposent certaines lectures qui lui font cerner la direction à prendre pour parvenir à sa quête. Muni de ces bagages intermédiaires, il croit comprendre quelque chose sans en avoir une réelle connaissance, c'est pour cela qu'on ne trouve ici que des empreintes ou des traces du buffle et non de l'animal lui-même. Le boeuf a laissé après son passage empreintes et traces montrant qu'il est devant dans le chemin, précédant celui qui le recherche. Mais sont-ce vraiment ses empreintes parmi toutes celles qui jonchent le sol ? Le quêteur distingue, dans le monde objectif, l'image réfléchie par celui-ci de son propre Soi. Quoique légèrement instruit, il n'est pas encore suffisamment expérimenté ce qui l'empêche de discerner le faste du néfaste, le bonheur de ce qui ne l'est pas, encore soumis qu'il est à l'emprise de ses sens et de la dualité inhérente.

Troisième Tableau :


le pèlerin de la Voie trouve son chemin grâce au son, à la voix : Cela me rappelle une anecdote : prise à la descente du massif du Marcadau dans les Pyrénées par un brouillard à couper au couteau, notre cordée, ne voyant pas son chemin à un mètre a pu repérer la bonne voie, évitant ainsi les précipices vertigineux et les écueils, par le seul mugissement des vaches qui paissaient aux abords de celui-ci. De la voix ou du cri, on remonte intuitivement à la source, à savoir à l'homme qui parle, à l'animal qui le pousse. Il a entendu un meuglement, il sait que le buffle est tout proche. La causalité du son et de sa source font l'unité des choses, il en va de même pour le sel et la mer, qu'on ne distingue pas séparément même si sa présence est bien réelle et distincte. Dans la mer, distinguez-vous le sel qui en fait de l'eau salée ? De cette harmonie de la nature, il doit apprendre qu'il en va de même pour lui lorsque son regard sera devenu discernant et juste.

Quatrième tableau :


Capture du boeuf : Cette fois-ci, il voit le boeuf paissant dans le pré à l'image de l'harmonie passagèrement trouvée, éphémère qu'elle est à ce stade. Alors s'approchant furtivement de lui, il arrive à lui passer le licol. Voulant l'entraîner à sa suite, il rencontre les difficultés les plus grandes à lui faire prendre le chemin qu'il désire, bien au contraire. Ces difficultés qu'il ne prévoyait pas, sont en fait les pressions du monde extérieures sur son esprit indocile. Cet esprit sauvage, à l'image du boeuf, ne veut pas quitter ses pâturages, le monde a sur l'esprit encore des effets et des emprises irrésistibles. Comme le boeuf il ne veut pas se laisser dompter et refuse catégoriquement de se laisser briser l'échine par le licol. Ce qui fait que le bouvier doit faire usage de son fouet. Notre mental est pareil au boeuf capturé, il reste orgueilleux de sa liberté, illusoirement conçue dans sa captivité. Notre esprit reste prisonnier, malgré la liberté qu'il croit avoir, du conditionnement latent, des voiles de l'ignorance qui le maintiennent captif de sa sauvagerie. C'est l'esprit faussement discipliné dans ses pulsions instinctives.

Cinquième tableau :


Le dressage du B½uf : Notre esprit est envahit de pensées instinctives, lorsqu'une pensée surgit, une autre la suit déjà, voire même la précède dans l'affolement de notre mental. Et c'est une spirale sans fin dans laquelle nous sommes pris quotidiennement engendrant la confusions proviennent de notre ego subjectivant et non des choses qui sont par nature objectives. Alors, l'illumination nous permettra de voir les choses objectivement et non plus dans cette optique dualisante créée par notre ego qui se dupe, se leurre lui-même. Mais pour cela, comme le bouvier, nous devons tenir ferme les rênes contrôlant sa marche. C'est l'effort de l'Octuple Sentier, c'est virya, la paramita de l'énergie que nous devons déployer ; nous devons constamment veiller à ce qu'il ne fasse pas de faux pas, qu'il n'échappe pas à notre contrôle, qu'il ne s'égare pas dans les vues erronées. C'est par le fouet et les rênes que le b½uf se dresse, c'est par les antidotes et la maîtrise de nos agrégats mentaux, sensations, perceptions, volitions et conscience que nous parviendrons à domestiquer notre esprit. Mais, là, après l'énergie et l'effort du début, il faudra la patience et la persévérance pour en venir à bout.

Sixième tableau :


Retour sur le dos du boeuf : Nous avons dépassé la moitié des tableaux de la quête du Boeuf. Ce sixième tableau nous montre le bouvier, juché sur le dos du boeuf, jouant sur sa flûte ou son pipeau un air de paix, de jubilation, comblé qu'il est d'avoir réussi dans son entreprise. La conquête est achevée, la bataille est terminée, il n'y a plus de contrainte, fouet et rênes sont abandonnés - D'autres écoles représentent le boeuf, couché paisiblement dans l'herbe en parfaite harmonie avec son bouvier, jouant de la flûte. Il n'y a plus de temps, le passé est oublié, le futur ne crée nulle angoisse, l'esprit est libéré de cette vision subjective des choses. Le gain et la victoire sont oubliés, la perte n'est plus envisagée, et le bouvier s'en retourne l'esprit léger parce qu'apaisé. La mélodie qu'il joue sur sa flûte tire ses sources des profondeurs des sons de la nature, il est en harmonie avec elle, harmonieux qu'il est avec lui-même. Le b½uf sans contraintes sait où il va, où il doit aller, ramenant le bouvier dans sa maison, c'est à dire sa nature propre. Ce chant issu des profondeurs de la Tradition va en attirer beaucoup d'autres, mais le bouvier, apaisé et serein qu'il est tout à sa joie, n'est nullement perturbé par les vicissitudes et les appels du monde extérieur. Il en va de même pour nous, lorsqu'en harmonie avec nous-mêmes, nous avançons sans nous préoccuper du chant des sirènes.

Septième tableau :


Le boeuf transcendé ou le boeuf oublié et le bouvier seul : Après s'en être retourné chez lui sur le dos de son boeuf, le bouvier s'assied solitaire devant sa chaumière. Tout encore dans son bonheur et ses rêves, il a oublié le combat, le dressage et même l'existence du boeuf. Le boeuf, lui d'ailleurs, se repose après ces péripéties temporaires, car il ne représente qu'une étape dans ces tableaux. Alors, dans sa béatitude (et non la bête attitude dont je parlais dans l'édito), il découvre que les dharmas sont Un, que les Enseignements font partie de la Loi cosmique dans laquelle il se laisse absorber. Il réalise alors que son esprit est maintenant pareil à l'or tamisé, extrait des impuretés et des souillures du monde extérieur, du conditionnement latent. Et sous un clair de lune, sortant des nuages qui l'obscurcissaient, il se repose ; il s'est enfin échappé des vues erronées, des perturbations qui l'assaillaient le retenant dans le filet-piège du temps. On pourrait dire qu'il se situe actuellement dans l'état d'Arhat, de Bouddha pour soi. Il se retire pour jouir, isolé et seul, des bienfaits du domptage de son esprit. C'est vrai que dans une telle euphorie, on n'aime pas être dérangé, tellement absorbé qu'on est dans sa propre contemplation. Ne pas déranger, même avec un guili-guilin...

Huitième tableau :


Le boeuf et le bouvier transcendés = Vacuité : Ce cercle vide représente, après la félicité suprême du tableau précédent, la disparition totale du moi, du boeuf, de la corde, du fouet, des traces, de la quête. Les désirs mondains se sont évanouis et, en même temps, la pensée de l'Illumination a fait place au vide. Toute confusion est écartée et seule règne la sérénité cosmique. Le petit bouvier a compris, il ne s'attarde pas à errer ou se trouve le Bouddha et, là où le Bouddha n'est pas, il passe sans se retourner. Là, où le dualisme n'existe sous aucune forme, même un saint homme ne saurait y déceler le moindre écart. Le boeuf est tout blanc, à l'égal de son maître, lui aussi transparent en l'absence de tous soucis. La lune blanche projette les ombres des nuages blancs et chacun suit sa course. Si on vous demande la signification de tout cela, pensez aux lys des champs et à leur fraîcheur délicieuse qui s'unissent dans leur contemplation. Le vide de Soi et le vide en Soi, telle est la réalisation suprême où la dualité n'existe plus, où tout se fond dans l'Unicité primordiale.

Neuvième tableau :


Atteindre la source : Retourner à l'origine, à sa première naissance, l'homme pur et non-altéré, n'a jamais été affecté par les souillures mondaines. Il examine, sereinement la formation et la disparition des choses douées de formes, tout en demeurant dans l'équanimité parfaite, celle où le moi n'existant plus, n'a plus besoin de s'affirmer, ceci en ne s'identifiant pas avec les mouvances illusoires et fantasmagoriques de son environnement. Il n'a plus à faire quelconque travail sur lui-même, ce ne serait qu'artifices trompeurs et perte de temps. Celui qui ne s'attache plus à la "forme" n'a plus besoin, lui aussi ,d'être "reformé". Dés le début, la vérité était claire, l'eau est bleue et les montagnes sont vertes et le bouvier se perd dans la contemplation de l'Unicité du tout qui l'entoure dans son impermanence. Le bouvier a compris qu'il avait fait des pieds et des mains pour s'approprier le boeuf sur le dos duquel il était déjà assis depuis le début. C'est comme chercher toujours à l'extérieur, les manifestations de la richesse intérieure que l'on côtoie quotidiennement, richesse que l'on oublie rapidement à force d'habitude, de manque de réflexion, de calme et de sérénité. Alors, face à l'eau limpide, aux montagnes vaporeuses. on retourne à sa propre source, à sa véritable nature de Bouddha, qui n'a plus besoin d'être cherchée, mais retrouvée en son origine.

Dixième tableau :


Pleinement réalisé dans son Eveil : il s'en retourne au village parmi ceux avec qui il peut partager son expérience. Il n'y pas de plus grand bonheur, de plus grand don, disait le Bouddha, que celui du Dharma. Redescendant de son ermitage isolé où les plus grands sages ne le connaissent plus, il va à l'encontre ceux-ci, se mêler aux gens du monde. Nul ne peut deviner la moindre parcelle de sa vie intérieure : vêtu de haillons, couvert de poussière, portant une gourde, symbole du vide ou Shunyata, appuyé sur son bâton, il ne possède rien de superflu, car il sait que le désir de posséder est le fléau de la vie humaine. Bienheureux à tout jamais, unique témoin de son bonheur, il n'use d'aucun artifice pour prolonger son existence, son jardin merveilleux est invisible. Il s'assied avec le patron dans son auberge en compagnie des bouchers et vide gaillardement son canon avec eux. Entre eux et lui nulle différence, il connaît la nature profonde de Bouddha dont chacun est porteur. Il se contente d'être pleinement et sereinement dans la Voie Parfaite qui ne connaît nulle préférence.

ETRE BOUDDHISTE POUR MOI 08/10/2010

Voici un article que j'aurais du faire depuis longtemps, c'est la suite de l'explication (eh oui, il y a encore à lire...)
Etre bouddhiste pour moi c'est : (dans le désordre)
-être pacifiste
-être tolérant
-ressentir de la compassion pour l'humanité (et pas de haine pour qui ou quoi que ce soit)
-ne pas tuer une personne ni un animal (mince!... la fourmi ce matin...pas bien)
-ne pas tuer un animal pour le manger
-être le plus possible végétarien (re-mince....)
-être fidèle sur le plan sexuel avec sa (ou son) partenaire (pas trop dur ça)
-ne pas s'enivrer
-ne pas se droguer ou vendre de la drogue
-ne pas voler
-ne pas mentir
voila, j'éspere n'avoir rien oublié........(AH NON ! CA SUFFIT ! C'EST TROP LONG ! dit l'autre.....)

Tourner la roue 20/11/2010


Par Lama Thubten Yeshe
Ceci nous amène au moment de la vie du Bouddha où celui-ci est prêt à commencer l'enseignement aux autres, du chemin spirituel

Le Bouddha Sakyamuni réalisa ensuite l'action suprême d'une créature illuminée.
Il commença à donner les enseignements et les instructions spirituelles qui libèrent les créatures sensibles de leurs souffrances et des insatisfactions et qui les conduisent à la plus haute perfection de l'esprit : l'Illumination, l'Eveil. Cette action est habituellement connue sous l'expression "tourner la Roue du Dharma" ; et le Bouddha l'a réalisé sous différentes formes pendant les 45 années qui lui restèrent à vivre.

Quiconque se démène pour atteindre la Bouddhéité, le fait expressément afin d'être bénéfique aux autres - et premièrement à travers des enseignements donnés-. Sakyamuni, lui, après avoir atteint I'Illumination, n'a pas commencé à enseigner immédiatement . En se retenant d'abord, il a montré que les parfaites réalisations de l'illumination ne sont pas quelque chose que l'esprit humain ordinaire, superficiel, peut saisir facilement. Sa découverte était au-delà de la conception normale des choses et des mots, au-delà de l'expression ou de la description. Il savait combien il serait difficile pour les autres de comprendre sa réalisation et donc il resta silencieux. Mais après sept semaines en forêt à jouir seul des bienfaits de l'Illumination, il lui fût demandé d'enseigner pour le bien des autres et il accepta.

L'hésitation du Bouddha à enseigner jusqu'à ce que l'on le lui réclama sincèrement, souligne une caractéristique importante de son enseignement. Ceux-ci ne forcent jamais les autres contre leur volonté : "tenez, voilà des enseignements fantastiques. Pourquoi ne venez-vous pas vous joindre à nous ?"Non, et de la même façon, il n'a envoyé aucun disciple dans les rues afin de convaincre les gens de leur misère et d'offrir le salut à ceux qui voudraient bien venir se joindre à eux. Non, les enseignements du Bouddha ne furent jamais présentés ainsi et les traditions tibétaines font en sorte d'attendre que quelqu'un le demande avant de recevoir les enseignements.

Pourquoi instruit-on les bouddhistes expressément à ne pas faire passer en force leurs croyances auprès des autres ou à déclarer : "j'ai découvert le meilleur chemin de vie et si vous ne le suivez pas, vous êtes perdus." Selon les enseignements du Bouddha, cette approche est à la fois grossière et irréaliste. Lorsque quelqu'un fait une expérience profonde, qu'elle soit désastreuse ou fantastique, celle-ci est complètement unique et personnelle. Et il serait fou de penser que sa relation puisse être tout aussi significative pour quelqu'un d'autre.
Même si vous dîtes à votre meilleur ami, ce que vous avez découvert, il est pourtant impossible de lui faire passer l'essence véritable de votre expérience. Puisque ce que nous disons est nécessairement exprimé à travers des mots et des concepts, même un très bon ami ne pourra probablement pas saisir la nature de ce que nous ressentons. La communication dans le domaine spirituel est très difficile.

Cela montre que nous vivons tous des vies assez différentes les unes des autres. Nous pouvons partager des systèmes de perception et de comportement similaires, mais nos expériences intérieures sont uniques, hautement individuelles. Nous vivons chacun, chacune dans l'univers privé de notre propre esprit. En conséquence, tout effort pour faire passer en force nos convictions spirituelles auprès des autres ou pour partager nos expériences dévotionnelles- si elles sont authentiques, celles-ci sont toujours d'une nature intensément personnelles- est une mauvaise interprétation et peut aisément se terminer en frustration et en incompréhension.

Le Bouddha a montré qu'il existe des moments appropriés et d'autres inappropriés pour enseigner. Il a toujours attendu jusqu'à ce qu'on lui demande sincèrement d'instruire. Il savait que l'acte même de prendre la décision formelle de chercher de l'aide et ensuite de la demander, crée une énergie à l'intérieur de ceux et celles qui recherchent la vérité, énergie qui les prépare à une écoute intensive, pas seulement avec leurs oreilles, mais également avec leur c½ur. Cela constitue une approche bien plus efficace que celle d'enseigner des étudiants(es) qui ne sont pas prêts. En d'autres termes, les étudiants ont besoin d'espace. Si on ne leur donne pas la chance de créer eux-mêmes, cet espace à l'intérieur d'eux-mêmes, si ils ne sont pas préparés à rencontrer l'enseignant à moitié-chemin en s'ouvrant eux-mêmes à la réception des instruction spirituelles qui constitue l'essence de l'enseignement, rien n'entrera jamais dans leur esprit.
Ceci constitue la psychologie adéquate propre à l'Illumination. Nous pouvons même peut-être dire sa politique. Le Bouddha comprend la façon de pensée des êtres et peut prendre la mesure de leurs esprits superstitieux. Il peut ajuster son approche spontanément en fonction de leurs limites et en être sûr avant de leur montrer leur chemin individuel.
Sa vision non-obscurcie, pure, embrasse tous les phénomènes, incluant les fonctionnements les plus subtils de notre esprit et il peut alors nous enseigner en conséquence.

Lorsque une créature illuminée enseigne véritablement, la force de ses réalisations confère un pouvoir spécial à tout ce qu'elle dit ou fait. Même un mot, un seul mot de son discours illuminé peut satisfaire les besoins d'êtres différents. Les gens ordinaires sont limités par le pouvoir des mots qu'ils emploient ; leur discours peut rarement apporter un sens de plénitude. Mais le discours d'un être illuminé est différent. Quelque soit le sujet, chaque auditeur reçoit exactement ce dont il a besoin.

D'ordinaire, si nous sentons qu'une personne parle bien, nous pouvons la louer en disant : "quelle belle conférence il a donnée". Mais d'un point de vue bouddhiste, le véritable pouvoir du discours ne réside pas dans le discours lui-même. Derrière les mots, dans l'esprit du conférencier, doit exister l'expérience vivante de la sagesse lumineuse, pénétrante. Cette sagesse donne au discours d'un Bouddha, son pouvoir. Un tel pouvoir n'a rien à voir avec l'éloquence d'une personne ordinaire. C'est seulement une question de réalisation intérieure.
Un Bouddha est un être dont les réalisations sont complètes, son discours a donc le pouvoir de toucher chaque auditeur profondément et de façon pénétrante. Non seulement cela, mais un être illuminé peut atteindre à la compréhension sans avoir à utiliser un seul mot.
Les premiers enseignements formels du Bouddha Sakyamuni après son illumination, furent donnés dans le Parc des Daims à Sarnath. Ces enseignements furent délivrés aux cinq méditants qui l'avaient suivi pendant ses six années de pratiques ascétiques, mais qui l'avaient abandonné lorsqu'il renonça à sa stricte discipline d'auto mortification.
Le sujet de ce premier Tour de Roue du Dharma était les Quatre Nobles Vérités. Les deux premières révèlent l'existence de la souffrance et de l'insatisfaction dans nos vies et nous montre que la source de tous les problèmes est à trouver dans l'attachement dévorant de notre esprit, qu'il soit direct envers les objets des sens ou perverti dans un reniement de soi extrême. Les deux dernières décrivent l'état de complète cessation de toute souffrance et le chemin intermédiaire libre de tous les extrêmes qui conduit à cette parfaite cessation.
Le Second Tour de Roue du Dharma commença dans le Parc des Vautours en dehors de Rajagriha, pas très loin de Bodh Gaya et avait trait à la véritable nature de la réalité. Ces discours sur la perfection de la sagesse proposent la vue profonde de la vacuité, la shunyata dans le contexte du chemin de vie d'un bodhisattva. Ces enseignements sur l'absence d'existence inhérente des phénomènes, vides d'existence propre, substantielle, beaucoup plus subtils que ceux du Premier Tour de Roue, sont destinés à des disciples de plus grande intelligence et motivation.

Après ces deux premiers Tours de Roue, il devenait nécessaire de clarifier les apparentes contradictions. En enseignant les Quatre Nobles Vérités, le Bouddha présentait le chemin de base qui conduit de la souffrance à la libération. Il a donc souligné dans ces enseignements, la nature fonctionnelle des phénomènes. Il a décrit en détails, le fonctionnement de l'esprit, comment il nous enchaîne à une insatisfaction chronique et comment en nous entraînant convenablement, nous libérer de cette situation. Pendant le Premier Tour de Roue, le Bouddha a parlé de l'esprit ou conscience comme si c'était une entité réelle. Cependant dans le Second Tour de Roue, en exposant les idées fausses subtiles à travers lesquelles nous percevons la réalité, il en a parlé principalement en des termes où cette fois, les choses n'existent pas.

Le Bouddha ne souhaitait pas mettre ses disciples dans un état de confusion, mais il a bien vu l'apparente contradiction entre ces deux approches, l'une mettant l'accent sur l'existence et l'autre sur la non-existence, qui pourrait causer certaines difficultés dans le futur. Afin d'éviter une confusion possible, il a institué les enseignements du Troisième Tour de la Roue du Dharma.
Lorsque le Bouddha lui-même proposait ses enseignements, et même ceux très subtils du Deuxième Tour de la Roue, il n'avait pas à se soucier si ses disciples allaient comprendre ou pas ce qu'il voulait dire. Il connaissait la capacité mentale de son auditoire, et était en mesure de parler directement au coeur de chacun. Mais il était concerné par le fait que ses disciples de moindre capacité et ceux qui allaient venir dans le futur, pourraient être en proie à la confusion. "Pourquoi le Bouddha à propos de la même question, avait-il dit certaines fois, "oui" et d'autres fois "non" ? Ses disciples auraient pu se poser la question. Pour leur salut, il a donc apporté d'autres clarifications supplémentaires.

L'une des caractéristiques majeures de tous les enseignements du Bouddha, est qu'ils sont dessinés de manière à satisfaire les besoins et les aptitudes de chaque individu. Nous avons tous différents intérêts, problèmes et chemins de vie, aucune méthode d'instruction ne peut donc être utilisable par tous. Le Bouddha lui-même a expliqué qu'afin de toucher un disciple particulier avec un "background", une histoire de vie particulière, il enseignerait une doctrine particulière. Et donc parfois dans certaines circonstances en réponse à la même question, il lui sera nécessaire de répondre "oui" et à d'autres, il lui sera plus approprié de dire "non".
Le Bouddhisme est flexible et n'a aucune qualité rigide, dogmatique. C'est pourquoi j'ai souvent le sentiment qu'il est plus un système psychologique qu'une religion. Je ne veux pas dire par là que le Bouddhisme n'a aucun aspect religieux. Je veux plutôt dire que le Bouddhisme demande une inspection intelligente de ses enseignements plutôt qu'une acceptation aveugle. Cette emphase sur l'expérimentation personnelle et l'investigation le rendent unique parmi les systèmes religieux de pensée.

Si nous ne jetons pas un regard raisonné, introspectif sur ces enseignements, plusieurs dangers peuvent apparaître. D'un côté, les contradictions apparentes entre ce que le Bouddha a pu enseigner à différents moments de sa vie publique, peuvent remettre en question la valeur de ses instructions. A travers une vision limitée incapable de voir la singularité du but derrière cette apparente antinomie, nous pourrions trouver dans ces enseignements, une source de confusion plutôt que de connaissance intime. En conséquence, nous pourrions les rejeter d'un bloc. D'un autre côté, si nous adoptons une attitude très pieuse, sans questionnement, acceptant la valeur nominale de ce que le Bouddha a pu enseigner simplement parce qu'il l'a dit, tôt ou tard nous allons souffrir de graves désillusions. Quelqu'un alors questionnera un jour nos croyances et comme elles ne seront basées sur rien d'autre qu'une foi aveugle, nos convictions s'effondreront.
Selon le Bouddhisme du Mahayana, il existe deux catégories d'enseignements du Bouddha : les définitifs et les interprétatifs. Les enseignements définitifs ont trait à la nature absolue de la réalité, et les enseignements interprétatifs aux réalités conventionnelles qui donc doivent être interprétés convenablement avant de pouvoir être compris. A cause de ces deux divisions, nous ne devrions jamais accepter littéralement et sans questionnement tout mot du Bouddha entendu ou lu. Une telle attitude non critique à propos d'un sujet aussi important que le développement spirituel, est très dangereux et manquerait complètement de sagesse.
Pour toutes ces raisons, dans le troisième Tour de Roue, le Bouddha a donné des indications afin de concilier les deux premiers Tours de Roue. Il a expliqué à l'intention de ceux et celles qui sans cela auraient pu mal l'interpréter, la façon dont certaines choses doivent être dites afin d'exister ou de ne pas exister. Ces indications montrent combien il est important de regarder au delà des simples mots afin de trouver la véritable signification de ses enseignements.

Quelque soit le moment de ces enseignements, le Bouddha a souligné l'importance de l'investigation personnelle par chacun(ne) de ses mots et de leurs significations. Il conviendra donc de les adopter seulement lorsque vous serez convaincus qu'ils sont opérants et peuvent être appliqués à votre propre vie. Si ils ne sont pas pour vous convaincants, mettez les de côté. Le Bouddha a comparé ce procédé de mise à l'épreuve de la véracité de ses enseignement avec les tests de l'or. De même qu'il n'est pas question de payer un prix élevé pour ce qui est supposé être de l'or, nous avons la responsabilité d'examiner ses enseignements par nous-mêmes afin de voir si ils sont raisonnables et dignes d'intérêt.
Bien qu'il soit de tradition de diviser les enseignements du Bouddha en ces trois Tours de Roue du Dharma, nous ne devons pas penser qu'il n'a enseigné que cela. En plus d'un vaste corpus de discours expliquant le chemin gradué vers l'Eveil, il a enseigné le chemin lumineux du tantra capable d'apporter une discipline permettant une perfection ultime réalisée en une seule vie.

Il n'existe pas une seule chose que le Bouddha ait pu faire durant sa présence sur cette terre jusqu'à sa mort, qui n'ait été faite afin de délivrer toutes les créatures vivantes de leurs souffrances mentales et physiques. Ses discours formels n'étaient qu'une partie de ses enseignements complets et détaillés. Et sa façon de vivre a constitué également un exemple pour les autres. Et puisque tout ce qu'il a dit, pensé et fait, provenait de sa parfaite sagesse, tous ses actions étaient d'ordre transcendantal, capables d'apporter la paix ultime et la tranquillité à ceux et celles susceptibles de prendre ses enseignements à c½ur.


Source : (http://www.buddhaline.net)

Tags : Tourner la roue Par Lama Thubten Yeshe

Ne soyez pas quelque chose (http://www.buddhaline.net) 20/11/2010

Par Ajahn Chah

On demanda un jour à Ajahn Chah s'il était parvenu à l'Eveil, et il répondit : « Comment puis-je le savoir ? Je suis comme un arbre, rempli de feuilles, de fleurs et de fruits. Les oiseaux y viennent construire leur nid et se nourrir. Cependant l'arbre ne se connaît pas lui-même. II ne fait que suivre sa nature ; c'est comme cela, sans plus. »

« Ecoutez-bien. Il n'y a pas une personne ici, devant vous, il n'y a que : cela. Pas de propriétaire, personne de vieux, personne de jeune, de bon ou de mauvais, de faible ou de fort. Simplement cela, c'est tout ; divers éléments de la nature se manifestant à l'extérieur, tous vides. Personne qui soit né, personne qui doive mourir. Ceux qui parlent de la mort parlent comme des enfants ignorants. Dans le langage du coeur, du Dhamma, il n'existe rien de tel.

Lorsque nous portons une charge, elle est pesante. Lorsqu'il n'y a personne pour la porter, il n'y a pas de problème dans le monde, Ne recherchez ni le bien ni le mal ou quoi que ce soit. Ne soyez pas quelque chose. Il n'y a rien de plus ; simplement cela. »

Ajahn Chah