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Mais où est le chaos ici ? 07/02/2013


Les Visiteurs de ce blog doivent penser « day of doom....jour de chaos.....mais où est le chaos ici ? »
Alors bien sur, effectivement selon les normes, les vôtres, à propos du chaos, mon blog et les articles doivent paraître bien ordonné, jolis et aimables.Mais le chaos lui est pourtant bien là :
 
- Je dénonce et suis contre l'alcool et les drogues => J'apporte le chaos.
- Je parle de la futilité de la consommation de masse actuelle => J'apporte le chaos.
- Je parle de non-violence et de paix => J'apporte le chaos.
- Je parle d'athéisme, de ne pas suivre aveuglément les religions ainsi que les fanatiques => J'apporte le chaos.
- Je parle de se comporter en adulte responsable et digne et fais appel au sérieux => J'apporte le chaos.
- Je parle de citation franc-maçonne et incite à la réflexion => J'apporte le chaos.
- Je fais des articles contre les dissections de souris dans les établissements scolaires => J'apporte le chaos.

Je l'apporte dans les têtes à ceux qui lisent les articles et dont le contenu les interpelle. Dans le sens où la société devient complaisante envers les substances illicites, Où la propagande la plus niaise et sournoise est ce que les imbéciles veulent entendre, quand l'intellectualisme est clairement mis au piloris par des ignares, dans ce monde violent où pour "stopper" la violence certains en appellent a plus de violences...
Dayofdoom qui remercie la terre entière de lui fournir matière pour composer ce blog.

Tags : chaos - J'apporte le chaos - dayofdoom - day of doom

Ne soyez pas quelque chose (http://www.buddhaline.net) 20/11/2010

Par Ajahn Chah

On demanda un jour à Ajahn Chah s'il était parvenu à l'Eveil, et il répondit : « Comment puis-je le savoir ? Je suis comme un arbre, rempli de feuilles, de fleurs et de fruits. Les oiseaux y viennent construire leur nid et se nourrir. Cependant l'arbre ne se connaît pas lui-même. II ne fait que suivre sa nature ; c'est comme cela, sans plus. »

« Ecoutez-bien. Il n'y a pas une personne ici, devant vous, il n'y a que : cela. Pas de propriétaire, personne de vieux, personne de jeune, de bon ou de mauvais, de faible ou de fort. Simplement cela, c'est tout ; divers éléments de la nature se manifestant à l'extérieur, tous vides. Personne qui soit né, personne qui doive mourir. Ceux qui parlent de la mort parlent comme des enfants ignorants. Dans le langage du coeur, du Dhamma, il n'existe rien de tel.

Lorsque nous portons une charge, elle est pesante. Lorsqu'il n'y a personne pour la porter, il n'y a pas de problème dans le monde, Ne recherchez ni le bien ni le mal ou quoi que ce soit. Ne soyez pas quelque chose. Il n'y a rien de plus ; simplement cela. »

Ajahn Chah

Bodaïshin : l’aspiration à l’éveil (http://www.buddhaline.net) 19/11/2010

Eno, le sixième patriarche, décida de sa vie en entendant cette phrase : « Lorsque l'esprit ne demeure sur rien, le véritable esprit apparaît. »
Par Pierre Crépon

BODAISHIN

Eno, le sixième patriarche, décida de sa vie en entendant cette phrase : « Lorsque l'esprit ne demeure sur rien, le véritable esprit apparaît. » Tant que l'on suit sa propre inertie, il n'y a pas de place pour s'éveiller à cela. Il ne s'agit pas, bien sûr, de s'éveiller à un autre esprit mais de suivre Bouddha et ainsi il n'est ainsi pas nécessaire d'utiliser son pouvoir personnel. Ces mots, bodaishin, l'esprit d'éveil, Sensei les employait constamment et ceux qui l'ont connu en parlent dans ce dossier.

Bodaishin. Maître Deshimaru répétait sans cesse ce mot et il fait partie de notre vocabulaire courant. Par exemple, d'une personne dont les motivations pour la pratique sont simplement le mieux-être ou quelques gains personnels, ou qui arrête la pratique dès qu'elle rencontre quelques difficultés, on dit qu'elle manque de bodaishin. Bodaishin est ce qui nous conduit sur la Voie, nous stimule dans la pratique, nous permet d'abandonner notre égoïsme. C'est la dimension élevée de notre vie et c'est de cette façon que, plus ou moins consciemment, nous employons ce terme.

De fait, le mot de bodaishin, et la notion qu'il recouvre, est une expression centrale de l'enseignement de Bouddha, notamment dans ses développements du Mahayana. Au cours des siècles, il a donné lieu, dans toutes les traditions, à d'innombrables commentaires et, à partir de la compréhension de ce simple mot, il est possible d'approfondir sans fin la Voie bouddhique.

Bodaishin est la traduction sino-japonaise du sanscrit bodhichitta. Bodai, ou bodhi, c'est l'éveil. Shin, ou chitta, c'est l'esprit. Il est donc généralement traduit par « esprit d'éveil » ou encore par « aspiration à l'éveil ».

D'où provient cette « aspiration à l'éveil » dans notre vie ? Pourquoi Shakyamuni a-t-il quitté son palais et pourquoi nous obstinons-nous à nous asseoir les jambes croisées ? On peut dire que la prise de conscience par l'être humain de sa propre finitude, et de celle des autres, est ce qui le conduit vers une quête ontologique. En termes bouddhiques, on dit que c'est la conscience de l'impermanence et de la souffrance qui conduit vers la Voie. C'est l'homme préhistorique qui enterre ses morts, c'est le jeune Dogen qui décide de devenir moine quand il voit la fumée de l'encens s'élever devant la dépouille de sa mère morte, c'est Shakyamuni qui s'engage dans la pratique après les quatre rencontres décisives (la maladie, la vieillesse, la mort, le religieux errant).

Ainsi, l'un des sens du terme chitta est l'esprit qui pense, qui réfléchit, qui conçoit, qui discerne (la pensée en quelque sorte). C'est parce que l'être humain est doté d'un esprit qui peut discerner l'impermanence, qui peut réfléchir sur la souffrance, la sienne et celle des autres, qu'il s'engage sur la Voie, qu'il aspire à l'éveil. C'est parce qu'il est sapiens que l'être humain peut devenir religiosus.

De nombreux sutras font des développements sur l'éveil qui conduisent à une approche, apparemment, radicalement différente. Ainsi Vimalakirti dit, dans le sutra qui porte son nom : « L'éveil n'est pas attesté par le corps et n'est pas attesté par l'esprit (chitta) (...) L'éveil est le non-fonctionnement de toute réflexion (...) L'éveil est le rejet de toutes les imaginations, l'éveil est exempt de mouvement, d'inquiétude et d'agitation. » Ou encore, le Sutra de la sagesse suprême : « L'éveil est au-delà de tout mode d'expression, au-delà de toute construction, de toute pensée. » S'il en est ainsi, si l'éveil est non-fonctionnement de toute réflexion, comment la réflexion pourrait-elle y conduire ? Un autre sutra affirme : « Le caractère de l'éveil transcende le triple monde, dépasse la convention et le chemin du langage. C'est en éteignant toute production que l'on produit l'esprit d'éveil. La production de l'éveil est non-production. »

Bodaishin, l'esprit d'éveil, l'aspiration à l'éveil, n'est alors pas différent de l'éveil même, dont la nature est exempte de toute marque, de toute discrimination, de toute réflexion, qu'elle soit sur l'impermanence ou la souffrance. En termes bouddhiques, on pourrait dire que c'est parce que nous sommes originellement éveillés, bien que nous ne nous en rendions pas compte, que surgit l'esprit, l'aspiration à l'éveil.

En vérité, il n'y a pas d'opposition entre ces deux approches. Chacun est conduit vers la Voie par un processus singulier. Dogen ou Shakyamuni le furent peut-être par une réflexion sur l'impermanence ou la souffrance, mais on dit que la simple récitation du Sutra du diamant éveilla le sixième patriarche Houei-neng et qu'il rejoignit alors le temple de Konin.

Il n'y a pas un monde de l'éveil qui soit séparé du monde de la vie quotidienne et l'esprit qui discerne n'est que la manifestation de l'esprit exempt de discrimination. Alors que Houang-po faisait un sermon sur la phrase « Cet esprit est Bouddha », quelqu'un lui dit : « Je ne comprends pas. » Et Houang-po de rétorquer : « Cet esprit qui ne comprend pas est Bouddha. »

La Noble Vérité de la souffrance suppose la Noble Vérité de la cessation de la souffrance, l'impermanence suppose la stabilité. Lorsque la conscience de l'impermanence n'est pas attachée, elle est éveil ; lorsque l'éveil se manifeste, l'impermanence n'a plus d'obstacle. L'éveil et l'ignorance, Bouddha et les êtres ordinaires, la vacuité et les phénomènes ne sont pas deux. De cet enchevêtrement surgissent les milliers de sutras et les multitudes d'enseignements. Dans cette non-séparation se manifeste bodaishin. La pratique qui l'actualise est affaire de quotidienneté.

Pierre Crépon

Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux (http://www.buddhaline.net) 10/11/2010

Cette inscription au seuil du Temple de Delphe dont le message fut approfondi par Socrate, marque l'entrée de l'occident dans une quête de sagesse qui fut souvent transformée en élaboration de systèmes de pensée que Socrate aurait sûrement ébranlés de son ironie.

Par Roland Rech

Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les Dieux

Cette inscription au seuil du Temple de Delphe dont le message fut approfondi par Socrate, marque l'entrée de l'occident dans une quête de sagesse qui fut souvent transformée en élaboration de systèmes de pensée que Socrate aurait sûrement ébranlés de son ironie. A la même époque le Bouddha transmit la sagesse issue de son éveil et la méthode pour y accéder : la connaissance de soi, hors de tout dogme. Même si comme en occident, le Bouddhisme s'est institué en différentes écoles, avec leurs systèmes de pensées privilégiant chacun un aspect particulier de l'enseignement de Bouddha, le message originel parvint jusqu'à nous à travers la lignée des maîtres de méditation, et en particulier celle du zen.

Dans le Genjokoan, chapitre qui sert d'ouverture à son ½uvre principale, Maître Dogen écrivait : “Etudier le Dharma de Bouddha c'est s'étudier soi-même. S'étudier soi-même c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même c'est être certifié par toutes les existences. Etre certifié par toutes les existences c'est rejeter le corps et l'esprit de soi et des autres. Toutes traces de satori disparaissent et ce satori sans trace continue sans fin.”

S'étudier soi-même, à travers la concentration sur la posture du corps et la respiration, comme nous le faisons en zazen, c'est voir apparaître et disparaître instant après instant un certain nombre d'éléments impermanents dont nous tentons de faire la somme pour saisir notre prétendue personnalité.

On apprend à devenir intime avec son corps : tendu ou relâché, plein d'énergie ou fatigué. On peut prendre conscience des tensions accumulées dans le dos, la nuque, les mâchoires, les épaules, le plexus solaire, et les détendre. Comprendre son corps à un certain niveau c'est le libérer de ses tensions, lui permettre de retrouver un tonus équilibré, une meilleure énergie, respecter son rythme vital d'activité et de repos. C'est aussi apprendre à mieux l'alimenter et abandonner ce qui est toxique pour lui en devenant plus sensible aux effets de tout ce que nous absorbons.

La sagesse passe aussi par une meilleure hygiène de vie et la joie de vivre par une activité plus en unité avec le corps et plus proche de la nature, d'où l'importance du samu (travail manuel) dans les temples zen.

On apprend à devenir intime avec son corps : tendu ou relâché, plein d'énergie ou fatigué. On peut prendre conscience des tensions accumulées dans le dos, la nuque, les mâchoires, les épaules, le plexus solaire, et les détendre. Comprendre son corps à un certain niveau c'est le libérer de ses tensions, lui permettre de retrouver un tonus équilibré, une meilleure énergie, respecter son rythme vital d'activité et de repos. C'est aussi apprendre à mieux l'alimenter et abandonner ce qui est toxique pour lui en devenant plus sensible aux effets de tout ce que nous absorbons. La sagesse passe aussi par une meilleure hygiène de vie et la joie de vivre par une activité plus en unité avec le corps et plus proche de la nature, d'où l'importance du samu (travail manuel) dans les temples zen.

Se concentrer sur son corps c'est aussi être attentif à la respiration qui peut être courte ou longue, profonde ou superficielle. Cette attention à la respiration, comme aux postures du corps et aux gestes, stimule la vigilance et évite de se perdre dans ses pensées. Même si comme nous le soulignons cette vigilance contribue à notre bien-être, son sens profond est de nous amener à expérimenter que s'il y a bien un corps assis et qui respire, il n'y a au fond rien de saisissable dans ce corps tel qu'un ego. S'il y a un souffle, ce souffle est libre de tout moi qui respire.

Ce corps impermanent est constitué d'éléments appartenant à tout l'univers : poussière d'étoile il n'appartient à personne.Réaliser cela aide à se déprendre de ses attachements et à voir l'ultime réalité de notre non-naissance et donc de notre non mort, car qu'est-ce qui naît et qu'est-ce qui meurt ?

Pratiquant l'observation lucide on peut remarquer aussi des sensations qui se manifestent : parfois on se sent bien, parfois on a mal aux genoux ou on souffre de trop de chaleur. Zazen nous apprend à accueillir les sensations telles qu'elles sont sans s'attacher à l'agréable et vouloir le conserver, ni détester le désagréable et vouloir le rejeter. C'est le secret du zen face à la vie et la mort.

Un jour de grande chaleur un disciple avait demandé à Maître Tosan : “Maître, quand vient la grande chaleur ou le grand froid, comment les éviter ?”

Tosan : “tu dois trouver le lieu où il ne fait ni chaud ni froid.”

Le disciple : “quel est ce lieu ?”

Tosan : “c'est le lieu où quand il fait chaud nous avons complètement chaud et où quand il fait froid nous avons complètement froid.”

L'attitude non dualiste par laquelle on peut s'harmoniser avec l'ordre cosmique est celle où l'on est un avec la chaleur sans regretter la fraîcheur : à ce moment-là toute opposition entre chaud et froid disparaît.

On peut réaliser la même chose au sujet de la vie et mort : quand on se concentre totalement sur la vie quand on vit et sur la mort quand on meurt, l'opposition vie et mort disparaît avec son cortège de peurs et de regrets. C'est ce que le zen appelle réaliser le Nirvana vivant par l'extinction des trois attitudes génératrices de souffrance que sont l'avidité, la haine et l'ignorance. Cela se réalise sans quitter ni haïr le samsara – transmigration dans les mondes de souffrance due à ces trois poisons.

En poursuivant l'investigation de soi nous rencontrons aussi des perceptions : l'odeur de l'encens, le son de la cloche, le jour qui se lève, le coup de kyosaku sur notre épaule. En zazen les yeux restent ouverts : on ne coupe pas le contact avec le monde extérieur et tous les organes des sens perçoivent normalement leurs objets. Mais par l'attention portée à l'expérience de l'instant, les perceptions sont dépouillées de toutes nos projections mentales : si dans la nuit la peur peut nous faire prendre une corde pour un serpent, ce qui est le prototype de l'illusion, zazen nous ramène à une perception des choses telles qu'elles sont, où tout au moins telles qu'elles apparaissent dans le surgissement de la perception, avant que notre mental s'en soit emparé. Il s'agit de voir la lune dans le ciel telle qu'elle apparaît avant que je la trouve triste parce que je suis triste par exemple. Mais si je perçois en moi de la tristesse, je perçois aussi cette tristesse telle qu'elle est avant de construire à partir d'elle toutes sortes d'interprétations.

Donc zazen nous aide à revenir à des perceptions purifiées de toutes nos projections mentales et à vivre plus en contact avec le monde sans rester enfermés dans notre monde.

Le pas suivant dans cette observation des perceptions est de constater qu'il y a bien des perceptions mais que le sujet de ces perceptions reste insaisissable, tout comme l'½il ne peut se voir lui-même. Nos perceptions résultent de l'interaction entre les objets, les organes des sens et la conscience correspondante. Le phénomène de la perception est produit par cette interdépendance mais rien de tout ce processus ne peut être isolé ni avoir d'existence en soi : c'est ce qu'on appelle vacuité d'existence propre.

Dans l'analyse bouddhiste traditionnelle des constituants de la soi-disant personnalité, se trouve regroupé dans le quatrième groupe l'ensemble des activités mentales qui déterminent l'action, le karma : ce sont les émotions, souvenirs, désirs, besoins, volonté etc. Zazen aide à en prendre conscience, à mieux voir nos motivations et tout ce qui nous anime. Il éclaire nos ombres plutôt que de les refouler. Cette observation de nos états mentaux permet d'en être moins conditionné et d'éviter que des conflits inconscients n'entravent notre liberté. Est-ce que tous nos contenus mentaux sont révélés durant zazen ? On ne peut l'affirmer, mais notre lucidité est aiguisée et se poursuit dans les autres moments de la vie. Nous aurons ainsi moins tendance à nous illusionner. Le maître et la sangha, la communauté, sont aussi là comme autant de miroirs permettant de s'apercevoir de ses propres illusions. Soi-même étant finalement insaisissable, ces prises de conscience ne génèrent pas de culpabilité, mais souvent le rire au sujet de soi-même.

Quant au cinquième agrégat, celui de la conscience, elle ne reconnaît pas les phénomènes mais est consciente de leur présence. Comme disent les phénoménologistes, la conscience est toujours conscience de quelque chose, ce qui signe le fait que la conscience ne peut pas davantage que les autres éléments de la personnalité être prise pour sa substance. Elle n'est pas un esprit immuable par rapport à la matière ni une sorte de soi ou d'essence ou d'âme permanente. Au contraire zazen permet de réaliser une conscience vaste qui ne stagne sur rien et reste constamment pure, disponible, ouverte à l'expérience de la vie, ici et maintenant. Cette conscience qui va toujours au-delà de toute tentation de saisie dans un lâcher prise renouvelé est Hishiryo, au-delà de toute pensée coagulée. Ainsi la connaissance de soi est finalement inconnaissance, la conscience, non-conscience. Quand l'empereur Ling interloqué par les réponses abruptes de Bodhidharma, lui demanda qui il était, celui-ci lui répondit : “Fushiki” – non-conscience... je n'en sais rien.

Ce non-savoir est s'oublier soi-même, c'est-à-dire oublier les conceptions limitées que l'on a de soi et cette libération est l' aboutissement de la quête de soi.

Quand Nangaku vint voir Eno, le sixième patriarche, celui-ci lui demanda : “Qu'est-ce qui vient ainsi ?” Il ne lui demandait pas quel genre de personne il était mais plus fondamentalement : quoi ? Quelques années plus tard, Nangaku lui répondit : “Ce n'est pas quelque chose”. Autrement dit c'est insaisissable, pas même quelque chose d'insaisissable.

Réaliser cela dans la pratique et s'harmoniser concrètement avec cette expérience, c'est se dépouiller corps et esprit de tous nos attachements et aider les autres à en faire autant. Même si cette expérience est au c½ur de l'éveil du Bouddha, nous ne nous attachons pas non plus à cette expérience. Non souillée par le mental elle peut continuer dans la vie quotidienne, sans qu'on ait l'idée d'avoir atteint une illumination spéciale.Cette déconstruction de la notion d'un ego n'est pas un processus analytique se réalisant par étapes successives dans l'ordre où nous avons présenté l'étude de soi à partir des cinq skandas. Il s'agit plus d'une expérience immédiate et souvent renouvelée, à laquelle on ne s'attache pas mais qui produit ses effets, rendant notre vie plus fluide, plus libre, comme le soleil faisant fondre un bloc de glace rend à l'eau sa liberté. Et cette eau rejoint le vaste océan de la nature de Bouddha dont elle n'a jamais été différente ni séparée .

De plus ce n'est pas seulement l'ego humain qui est sans substance fixe mais tous les phénomènes de l'univers et cela se manifeste partout et toujours, sans être jamais dissimulé. Cette vacuité universelle est le vide d'une illusion : celle de croire qu'il existe de la substance permanente quelque part. L'autre versant de cette réalité est celui de la totale interdépendance de tous les êtres. C'est le versant “positif” si l'on peut dire de la vacuité qui fonde la solidarité des êtres entre eux, la compassion et peut constituer la base d'une refondation de l'éthique.

Maître Roland Yuno Rech.

Conte Zen : Le fiancé de la princesse (http://www.buddhaline.net) 10/11/2010

Un conte illustrant l'esprit de la voie dans le Zen

Par Khoa Nguyen

D'après le recueil « En ramassant des feuilles de l'arbre Bodhi » du moine Thich Thanh Tu

Il était une fois un petit royaume où régnait un vieux roi respecté de ses sujets. Il n'avait pas de prince héritier et voulait chercher un fiancé pour sa fille de dix ans.

Il fit sélectionner un certain nombre d'adolescents, plus doués les uns que les autres, les réunit dans son palais et remit à chacun d'eux un sachet de graines.

L'année suivante, au jour fixé, tous les garçons apportèrent au palais les fleurs qu'ils avaient consciencieusement cultivées.

Dans la grande salle du trône parfumée de verdure, les plantes étaient magnifiques et les fleurs superbes.

Le roi et la reine passèrent lentement en revue les rangées de pots, la mine grave et soucieuse.

Soudain ils s'arrêtèrent devant un adolescent triste et timoré, qui avait les larmes aux yeux.

— Vos Majestés, dit-il, je ne comprends pas ce qui est arrivé. J'ai demandé autour de moi de la meilleure terre et des meilleurs engrais, j'ai suivi tous les bons conseils, j'ai pris le plus grand soin de vos graines, hélas rien n'a poussé. Je suis honteux d'avoir échoué, je suis venu seulement pour ne pas jeter le déshonneur sur ma famille et sur mon village.

Le roi lui annonça gentiment :

— C'est toi le fiancé de la princesse.

Des murmures de surprise, de déception voire même de désapprobation, parcoururent la foule, mais personne n'osa contester la sentence royale.

Depuis ce jour le petit garçon vécut au palais où il reçut l'éducation d'un prince héritier.

Puis il monta sur le trône et régna longtemps.

Au soir de leur vie, la princesse qui était devenue reine lui dévoila enfin le choix de ses parents :

— Avant de mettre les graines en sachets, ma mère les avait cuites à la vapeur. Pour réussir les autres garçons avaient réparé ce qu'ils croyaient être un coup du sort ou une erreur humaine. Ils étaient certainement malins et débrouillards, ils avaient même le sens de l'initiative, ou on les avait trop bien aidés. Mais ils n'avaient pas deviné le problème de mon père : par cette épreuve il voulait trouver un fils honnête, en qui il pourrait mettre toute sa confiance, ni plus ni moins. Ensuite il aurait tout le loisir de le former, pour en faire un prince puis un roi.

Le vieux roi soupira :

— Nos parents étaient bien étranges, j'ai été choisi parce que j'ai bien répondu à la question, alors que je n'avais nulle conscience de l'existence de cette question. C'était donc un coup de dé !

La reine le rassura doucement :

— Ne te tracasse pas vainement, à leurs yeux tu étais le plus digne de tous et jamais ils n'ont eu de doute à ton sujet.

Le zen c'est cela, mystérieux et ordinaire.

De tous temps, il existe sûrement une prime à la vérité et à la sincérité.

Avril 2001

Khoa Nguyen

Tags : Le fiancé de la princesse - grenouille

Pourquoi sommes nous ici ? (http://www.buddhaline.net) 09/11/2010

"Attahi atano natho" Faites de vous même un refuge pour vous même".
Par Centre Bouddhique International

A cette retraite de pluie je n'ai pas beaucoup de forces. Je ne vais pas bien et je suis venu sur cette montagne pour avoir un peu d'air frais. Les gens viennent me voir, mais je ne peux pas vraiment les recevoir comme d'habitude, j'ai un peu perdu le souffle. Vous pouvez le considérer comme une bénédiction que ce corps soit encore assis là comme vous pouvez tous voir. C'est une bénédiction en soi. Bientôt vous ne pourrez plus le voir. Le souffle sera terminé et la voix disparue. Ils vont dépendre des conditions favorables ou défavorables, comme toute chose composée. Le Seigneur Bouddha l'appelait khaya vayam, le déclin et la dissolution de tout phénomène conditionné.

Comment parviennent-ils au déclin ? Imaginez un morceau de glace. A l'origine c'était simplement de l'eau. Elle a été gelée et est devenue de la glace. Mais cela ne dure pas - bientôt le bloc dégèle. Si vous prenez un gros morceau de glace, grand comme ce magnétophone et l'exposez au soleil, vous pouvez voir comme il se détériore, tout comme le corps. Il va se désintégrer petit à petit. Dans peu de temps tout ce qui restera est une flaque d'eau. Ceci s'appelle khaya vayam, le déclin et la dissolution de toute chose composée. C'est comme cela depuis bien longtemps, depuis le début du monde. Quand nous naissons, nous apportons ce phénomène avec nous, inhérent à notre corps. Nous ne pouvons pas l'éviter. Dès la naissance nous apportons la vieillesse, la maladie et la mort.

Donc c'est pour cela que le Bouddha a enseigné khaya vayam, le déclin et la dissolution de toute chose composée. Tout les gens maintenant assis dans cette salle, les moines, les novices, les hommes laïque et les femmes laïques, sont sans exception des "tas de matière en détérioration". Pour l'instant le tas de matière est dur, comme le morceau de glace. Il commence comme l'eau, devient glace pour un moment et redevient eau ensuite. Pouvez vous voir ce déclin en vous même ? Regardez ce corps. Il vieillit chaque jour... les cheveux vieillissent, les ongles vieillissent, tout vieillit !

Vous n'étiez pas comme cela avant, n'est ce pas ? Vous étiez probablement plus petit. Maintenant vous êtes devenu adulte et arrivé à l'âge mûr. A partir de maintenant vous allez suivre le chemin du déclin exactement comme le morceau de glace. Bientôt, tout aura disparu comme la glace qui a fondu.

Tous les corps sont composés des quatre éléments : terre, eau, air et feu. Un corps est un assemblage de ces éléments et ce sommes nous qui l'appelons une personne. A l'origine c'est difficile de lui trouver un nom, mais maintenant nous l'appelons ''une personne". Nous nous entichons ' dire que c'est un homme, une femme. Nous donnons des noms comme Monsieur, Madame et ainsi de suite, pour que nous puissions les différencier l'un de l'autre plus facilement. Mais en fait il n'existe pas de personne. Il y a juste de la terre, de l'eau, de l'air et du feu. Quand ces éléments sont réunis sous cette forme connue nous appelons le résultat une "personne". Mais ne vous enthousiasmez pas. Si vous regardez profondément il n'y a personne.

Ce qui est solide dans le corps, la chair, la peau, les os ainsi de suite, est appelé l'élément de terre. Les aspects du corps qui sont liquides sont l'élément d'eau. La chaleur dans le corps est l'élément feu. Quant à l'air qui fouette à travers le corps c'est l'élément vent.

Les gens ignorent ces choses. Certains vont à Wat Ba Pong, dans la grande salle et ils voient les squelettes... et ressortent en courant ! Ils ne supportent pas cette vue. Ils ont peur - peur des squelettes. Je suppose que ces gens ne se sont jamais vus auparavant.

Peur des squelettes... ils ne réfléchissent pas sur la grande valeur d'une squelette. Pour arriver au monastère, ils ont du venir en voiture ou à pied... s'ils n'avaient pas d'os comment auraient-ils pu venir ? Auraient-ils été capable d'aller et de venir comme cela ? Mais ils font leur tour en voiture à Wat Ba Pong, entrent dans la grande salle, voient les squelettes, et sortent immédiatement en courant ! Ils n'ont jamais vu une telle chose auparavant. Ils naissent avec mais ne l'ont jamais vue. C'est une chance pour eux qu'ils aient l'occasion d'en voir un maintenant. Même les personnes âgées voient le squelette et sont effrayés... Ceci montre qu'ils ne sont pas du tout en contact avec eux mêmes, ils ne se connaissent pas vraiment. Peut-être qu'ils rentrent chez eux et ils ne peuvent plus dormir les trois, quatre jours qui suivent... bien qu'ils dorment avec un squelette ! Ils s'habillent avec, prennent les repas avec, font tout avec... et quand même, ils en ont peur.

Ceci montre que les gens ne sont pas en contact avec eux même. C'est pitoyable ! Ils regardent toujours en dehors, les arbres, les autres gens, les objets extérieurs, disant "ceci est grand", "cela est petit", "ceci est de petite taille", "cela est immense". Ils sont tellement préoccupés à observer d'autres choses qu'ils ne se voient jamais eux même. Franchement, les gens sont vraiment pitoyable. Ils n'ont aucun refuge.

Dans les cérémonies d'ordination les ordonnés doivent apprendre cinq thèmes de base de la contemplation du corps : kesa, les cheveux de la tête ; loma, les poils du corps ; nakha, les ongles ; danta, les dents ; taco, la peau. Certains étudiants et gens instruits pouffent de rire quand ils entendent cette partie de la cérémonie de l'ordination... ''Qu'est-ce le Ajahn essaye de nous apprendre là ? Il nous apprend quelque chose sur les cheveux alors que nous les avons depuis toujours. Il n'a pas besoin de nous instruire sur cela, nous le savons déjà. Pourquoi se préoccuper de nous apprendre quelque chose que nous savons déjà ?" Les gens stupides sont comme cela, ils pensent qu'il sont déjà capables de voir les cheveux. Je leur dis que quand je dis "voir les cheveux" je veux dire les voir vraiment comme ils sont. Voir les poils comme ils sont vraiment, voir les ongles, les dents et la peau comme ils sont vraiment. C'est ce que j'appelle "voir". Il ne s'agit pas de voir d'une manière superficielle mais de voir conforméent à la vérité. Nous ne serions pas si préoccupés par les choses, si nous pouvions les voir comme elles sont vraiment. Cheveux, ongles, dents, peau, comment sont ils vraiment ? Sont ils jolis ? Sont ils propres ? Ont ils vraiment une substance réelle ? Sont ils stables ? Non... rien de tout cela. Ils ne sont pas jolis, mais nous nous imaginons qu'ils le sont. Cheveux, ongles, dents, peau... les gens sont vraiment accrochés à ces choses-là. Le Bouddha a établi ces choses comme un sujet de contemplation, il nous a appris à les connaître. Elles sont impermanentes, pleines de souffrance et ne nous appartiennent pas ; elles ne sont pas "moi" ou "eux". Nous sommes nées avec et trompés par ces choses, et elles peuvent vraiment être dégoûtantes. Supposons que nous ne prenions pas de douche pendant une semaine. Pourrions nous supporter d'être près l'un de l'autre ? Nous sentirions vraiment mauvais. Quand un grand groupe de gens travaillent durement et qu'ils transpirent beaucoup, l'odeur est épouvantable. Nous rentrons à l maison et nous nous frottons au savon et à l'eau et l'odeur s'apaise quelque peu, le parfum du savon la remplaçant. Frotter le corps avec du savon semble le parfumer, mais en fait la mauvaise odeur est toujours là. Elle n'est que supprimée temporairement. Quand l'odeur du savon disparaît, celle du corps revient.

Maintenant nous avons tendance à penser que ces corps sont jolis, délicieux, durables et solides. Nous avons tendance à penser que nous n'allons jamais vieillir, être malade ou mourir. Nous sommes charmés et trompés par le corps, et comme cela nous restons ignorants du vrai refuge en nous même. Le vrai lieu de refuge est l'esprit. L'esprit est notre véritable refuge. Cette salle est peut-être grande, mais elle ne peut pas être un vrai refuge... des pigeons et des lézards y prennent habitent. Nous pensons que la salle nous appartient, mais ce n'est pas vrai. Nous vivons ensembles ici avec tout le reste. Ceci est seulement un abri temporaire et bientôt nous devrons le quitter. Les gens prennent ces abris pour un refuge.

Le Bouddha nous a enseigné de trouver notre vrai refuge. Cela signifie de trouver votre véritable c½ur. Ce c½ur est très important. En général, les gens ne font pas attention aux choses importantes et ils passent leur temps à regarder des choses sans importance. Par exemple, quand ils font le ménage dans leur maison, ils ont tendance à nettoyer la maison, faire la vaisselle ainsi de suite, mais ils ne notent pas leur propre c½ur. Celui-ci peut être corrompu, ils peuvent être en colère en faisant la vaisselle avec une expression de mécontentement. Ils ne voient pas que leurs propres c½urs ne sont pas très propres. C'est ce que j'appelle "prendre un abri temporaire pour un refuge". Ils embellissent leurs maisons, mais ne pensent pas à embellir leurs propres c½urs. Ils n'examinent pas la souffrance. Le c½ur est la chose qui importe. Le Bouddha enseigne que nous y trouvons un refuges :

''Attahi atano natho" Faites de vous même un refuge pour vous même".

Qui d'autre pourrait être votre refuge ? Le véritable refuge est ce c½ur, rien d'autre. Vous pouvez toujours essayer de dépendre d'autre chose, mais ce n'est pas très sûr. Vous pouvez seulement dépendre d'autre chose si vous avez déjà un refuge en vous même. Il faut avoir votre propre refuge avant de dépendre d'autre chose, comme d'un professeur, de la famille ou d'amis.

Alors vous tous, laïques et moines qui êtes venus me rendre visite aujourd'hui, je vous prie de prendre cette enseignement en considération. Posez vous la question, "Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici ?" Demandez vous, "Pourquoi suis-je né ? "Il y a des gens qui ne le savent pas. Ils veulent être heureux, mais la souffrance ne s'arrête pas. Riches ou pauvres, jeunes ou vieux, ils souffrent tous. Tout est souffrance. Et pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas de sagesse. Les pauvres sont malheureux parce qu'il n'ont pas assez, et les riches sont malheureux parce qu'ils a trop de choses desquelles ils doivent prendre soin.

Dans le passée, étant un jeune novice, je donnais cours de Dhamma (enseignement du Buddha). J'ai parlé du bonheur, de la richesse et des possessions, d'avoir des serviteurs ainsi de suite... d'avoir cent servants masculins, cent servants féminins, cent éléphants, cent vaches, cent buffles... une centaine de chaque ! Les laïques ont vraiment tout avalés. Mais imaginez être responsable de cent buffles. Ou de cent vaches, de cent servants masculins etc... pouvez vous vous imaginer de vous occuper de tout cela ? Serait-ce amusant ? Les gens ne voient pas les choses sous cet angle là. Ils ont le désir de posséder... de posséder les vaches, les buffles, les servants... par centaines. Mais moi je pense que cinquante buffles seraient déjà de trop. Déjà enrouler les cordes de tous ces bêtes. C'est trop ! Mais les gens ne prennent pas cela en considération, ils pensent seulement aux plaisir d'acquérir. Ils ne considèrent pas les problèmes que cela implique.

Si nous n'avons pas de sagesse, tout autour de nous sera une source de souffrance. Yeux, oreilles, nez, langue, corps et esprit... Les yeux ne sont pas nécessairement une bonne chose, vous savez. Si vous êtes de mauvaise humeur, il suffit que vous voyiez d'autre personnes et cela vous irritera même au point de vous empêcher de dormir. Ou bien vous pouvez tomber amoureux d'une autre personne. L'amour est une souffrance aussi, si vous n'obtenez pas ce que vous désirez. L'amour et la haine sont des souffrances causées par le désir. De désirer est une souffrance, de désirer de ne pas avoir est une souffrance. Vouloir acquérir des choses... même si vous les obtenez il y a de la souffrance, parce que vous avez peur de les perdre. Il n'y a que de la souffrance. Comment allez vous vivre avec cela ? Vous pouvez être en possession d'une grande maison luxueuse, mais si votre c½ur n'est pas bon, cela ne va jamais marcher comme vous avez désiré.

C'est pourquoi vous devriez tous vous contempler vous même. Pourquoi naissons nous ? Obtenons nous vraiment quelque chose dans cette vie ? Ici, à la campagne' les gens commencent à planter du riz dès l'enfance. Quand ils ont dix-sept ou dix-huit ans ils ont hâte de se marier, de peur de ne pas avoir assez de temps pour faire fortune. Ils commencent à travailler dès un jeune âge, en pensant que de cette façon, ils seront riches un jour. Ils plantent du riz jusqu'à 70, 80 ou 90 ans. Je leur demande : "Depuis le jour où vous êtes nés vous avez travaillé. Maintenant qu'il est bientôt temps de partir, qu'allez vous emmener avec vous ?" Ils ne savent pas quoi répondre. Tout ce qu'ils savent dire est : "cela me renverse". Nous avons un proverbe dans cette région, "Ne tardez pas ici à ramasser les fruits sur le chemin... avant que vous ne le sachiez, la nuit tombe". Ils y réagissent avec seulement cette phrase : "Cela me renverse" ! Ils ne sont pas vraiment ici ni vraiment ailleurs, satisfaits de juste dire : "ça me renverse".... assis dans les branches du fruitier, savourant les fruits... "ça me renverse, ça me renverse"

Quand vous êtes jeunes vous pensez que d'être célibataire ce n'est pas très bien, vous vous sentez seul. Alors vous cherchez un partenaire pour vivre avec. Mettez deux personnes ensemble et il y a des frictions ! La vie seule est trop calme, mais la vie avec d'autres comporte des frictions.

Quand les enfants sont petits les parents pensent : "Quand ils seront grands, nous serons bien à l'aise". Ils élèvent leurs enfants, trois, quatre ou cinq en pensant que quand les enfants seront grands, leur propre fardeau sera plus léger. Mais quand ceux-ci ont grandi, ils deviennent un poids encore plus lourd. C'est comme pour deux morceaux de bois, un grand et un petit. Vous jetez le plus petit et vous prenez le plus grand en pensant qu'il sera plus léger, mais bien sûr ce n'est pas le cas. Quand les enfants sont petits, ils ne vous font pas trop d'ennuis. Il leur faut juste un bol de riz et une banane de temps en temps. Quand ils grandissent, ils veulent une moto ou une voiture ! Et comme vous aimez vos enfants, vous ne pouvez pas leur refuser. Donc vous essayez de leurs donner ce qu'ils veulent et les problèmes commencent. Quelques fois les parent se disputent à cause de cela... "Ne va pas lui acheter une voiture, nous n'avons pas assez d'argent !" Mais quand vous aimez vos enfants vous en venez à faire un emprunt. Peut-être les parents sont obligés de se priver pour pouvoir offrir ces choses à leurs enfants. Et il y a l'éducation. "Quand ils auront fini leur éducation, nous serons bien". Il n'y a pas de fin aux études ! Quand vont ils terminer ? Seule l'étude de la science du Bouddhisme connaît une fin. Toute les autres sciences tournent en rond. A la fin, cela vous donne le mal de tête. Dans une maison avec quatre ou cinq enfants, les parents se disputent tout les jours.

La souffrance qui nous attend dans le futur, nous ne pouvons pas la voir, nous pensons qu'elle ne viendra jamais. Mais quand elle arrive, nous comprenons. Cette sorte de souffrance, celle qui est inhérente au corps, est difficile à prévoir. Quand j'étais enfant et que je gardais les buffles, je prenais du charbon que je frottais sur mes dents pour les blanchir. Je rentrais à la maison pour me regarder dans le miroir et je les voyais, si jolies et blanches.. Je me faisais avoir par mes propres os, c'est tout. Arrivé à l'âge de cinquante ou soixante ans, mes dents commençaient à tomber. Quand cela arrive cela fait mal et quand vous mangez c'est comme si quelqu'un vous frappait dans la bouche. Cela fait vraiment mal. Je suis déjà passé par là. C'est pourquoi je les ai fait tirer. Maintenant j'ai des fausses dents. Mes propres dents m'ont donné tant de mal que je les ai toutes fait tirer, seize d'un seul coup. Le dentiste n'était pas heureux de tirer seize dents à la fois, mais je lui ai dit : "Tirez-les, j'en prends la responsabilité". Il les a donc toutes tirés de suite. Il y en avait qui étaient encore bonnes, au moins cinq d'entre elles. Elles ont toutes été tirées. Après je n'ai pas pu manger pendant deux ou trois jours.

Avant, étant petit enfant gardien de buffles, je pensais que polir les dents c'était quelque chose de bien à faire. J'adorais mes dents, je pensais qu'elles étaient bien. Mais à la fin j'ai dû m'en séparer. La souffrance m'avait presque tué. J'avais souffert des dents pendant des mois et des années entières... Quelquefois fois mes deux gencives étaient enflées en même temps.

Quelqu'un parmi vous aura peut-être l'occasion d'en faire l'expérience lui même un jour. Si vos dents sont encore bonnes et vous les brossez tout les jours pour les rendre blanches et jolies...faites attention ! Elles peuvent vous jouer un tour plus tard.

Maintenant je vous fais part de ces choses là... de la souffrance qui surgit de l'intérieur de nos propres corps. Il n'y a rien à l'intérieure de votre corps sur lequel vous puissiez vous appuyer. Quand vous êtes encore jeune cela ne va pas trop mal, mais dès que vous prenez de l'âge les choses commencent à se détériorer. Tout commence à tomber en morceaux. Ce qui est conditionné prend son chemin naturel. Que nous en rions ou que nous en pleurions, elles continuent leur chemin quand même. Il importe peu comment nous vivons ou comment nous mourons. Pour le corps cela ne fait aucune différence. Et il n'y a aucune connaissance ou science qui pourrait empêcher le cours naturel des choses. Vous pouvez faire examiner vos dent par un dentiste, mais même s'il les soigne, elles vont changer à leur façon. Même le dentiste finit par avoir des problèmes. Tout tombe en morceaux à la fin.

Ceci sont des choses que nous devons contempler tant que nous avons toujours de la force. Nous devons pratiquer quand nous sommes encore jeunes. Si vous voulez avoir des mérites dépêchez vous d'en faire, n'attendez pas..... La plupart des gens attendent qu'ils soient vieux pour aller dans un monastère et essayer de pratiquer Dhamma. Femmes et hommes disent la même chose... "J'attends d'être vieux." Je ne sais pas pourquoi ils disent cela ? Est-ce qu'une personne âgée a beaucoup de vigueur ? Faites les entrer en compétition avec un jeune et voyez la différence. Pourquoi attendent-ils d'être vieux ? Comme s'ils n'allaient jamais mourir. Quand ils ont cinquante, soixante ans ou plus..."Bonjour mamie ! Allons au monastère !" " Vas y tout seul, je n'entends plus très bien. " Vous voyez ce que je veux dire ? Quand son ouïe était bonne, a-t-elle écouté ? "Cela me renverse".... dit -elle en caressant les fruits. " Finalement quand elle n'aura plus d'ouïe, elle ira au temple. C'est sans espoir. Elle écoutera le sermon, mais elle ne comprendra rien. Les gens attendent ce qu'ils soient tout usés avant de penser à la pratique de Dhamma.

Le récit d'aujourd'hui peut être utile pour ceux d'entre vous qui comprennent. Ce sont des choses que vous devriez commencer à observer, ils sont notre héritage. Ils vont graduellement peser de plus en plus, un fardeau à porter par chacun d'entre nous. Dans le passé mes jambes étaient costaud, je pouvais courir. Maintenant juste en me promenant un petit peu, elles me semblent lourdes. Dans le passé elles me portaient. Maintenant c'est moi qui les porte. Quand j'étais enfant je voyais les vieux se lever de leur chaise... "Oh !" Quand ils se lèvent ils gémissent : "Oh !" Il y a toujours ce "Oh !" Mais ils ne savent pas ce qui les fait gémir ainsi...Même à ce moment là, les gens ne voient pas la misère du corps.

Vous ne savez pas quand vous allez être séparé du corps. Ce qui cause toute cette peine sont tout simplement les choses conditionnées qui vont leurs chemin naturel. Les gens appellent cela arthrite, rhumatisme, goutte et ainsi de suite. Les docteurs leurs prescrivent des médicaments, mais cela ne guérit jamais vraiment. A la fin tout tombe en morceaux, même le docteur ! Ces choses conditionnées prennent leurs chemin le plus naturel. Ceci est leur chemin, leur nature.

Réfléchissez bien à tout cela. Si vous le voyez venir tant mieux pour vous. C'est comme de voir un serpent venimeux sur le chemin devant vous. Si vous le voyez, vous pouvez vous écarter de son chemin et éviter d'être mordu. Si vous ne le voyez pas, vous continuez à marcher et finalement vous lui marchez dessus et il vous mord.

Quand la souffrance est là, les gens ne savent que faire. Où aller pour se faire traiter ? Ils veulent éviter de souffrir, ils veulent en être libérés, mais ne savent pas comment se faire traiter quand cela arrive. Et ils continuent à vivre ainsi jusqu'à ce qu'ils deviennent vieux... malades... et qu'ils meurent..

Dans le temps on disait que si une personne avait une maladie mortelle quelqu'un de la famille doit chuchoter "Bud-dho, bud-dho" dans son oreille. Qu'est ce que ce ''Buddho'' va leur apporter ? Quel bénéfice vont ils avoir de " Buddho " lorsqu'ils sont à deux doigts d'être incinérés ? Pourquoi n'ont ils pas appris " Buddho " quand ils étaient jeunes et en bonne santé ? Maintenant que leur respiration devient saccadée on leur chuchote : "Mère... Buddho, Buddho !" Pourquoi gaspiller votre temps ? Vous allez seulement la rendre confuse - laissez la partir en paix.

Les gens ne savent pas comment résoudre les problèmes de leur propre c½ur, ils n'ont pas de refuge. Ils se fâchent facilement et sont pleins de désirs. Pourquoi est-ce comme cela ? Parce qu'il n'ont pas de refuge.

Quand ils viennent de se marier, ils s'entendent bien, mais passé la cinquantaine, ils ne peuvent plus se voir. Le mari trouve intolérable tout ce que dit la femme et la femme n'écoute pas ce que dit le mari. Ils se tournent le dos.

Vous allez me dire j'ai beau parler car je n'ai jamais eu de famille. Pourquoi n'en ai-je pas eu ? En analysant le mots "ménage" j'ai su de quoi il s'agissait. Qu'est-ce que c'est un "ménage" ? (en anglais household composé de house =maison et hold = prendre, saisir). Il s'agit d'une "prise" (hold). Si quelqu'un prenait une corde et nous ficelait, à quoi cela ressemblerait-il ? On dirait que nous avons été saisis (being held). Il y a cercle d'emprisonnement. L'homme vit dans son cercle d'emprisonnement, et la femme vit dans le sien.

Quand je lis ce mot "ménage" (household)... je sens une lourdeur. Ce mot n'est pas une chose insignifiante, c'est un vrai tueur. Le mot saisir est un synonyme de souffrance. Vous ne pouvez pas aller où il vous plaît. Vous devez rester dans votre cercle de d'emprisonnement.

Maintenant nous arrivons au mot "maison". En thaï cela veut dire "ce qui tracasse". Avez vous jamais fait griller du piments ? Toute la maison étouffe et éternue. Ce mot "ménage" est identique avec " confusion ". Il n'en vaut pas la peine. A cause de ce mot j'ai pu prendre la robe et ne pas la quitter.

Un ménage c'est effrayant. Vous êtes coincé et vous ne pouvez aller nul part. Il y a des problèmes avec les enfants, avec l'argent et tout le reste. Mais où pouvez vous aller ? Vous êtes attaché. Il y a des fils et des filles, de nombreuses disputes jusqu'au jour de votre mort. Il n'y a aucun endroit où la souffrance ne vous suive pas.

Les larmes tombent et continuent a tomber. Les larmes ne vont jamais s'arrêter avec leur "ménage", vous savez. S'il n'y a pas de ménage, vous pourriez peut-être sécher vos larmes, mais pas autrement.

Réfléchissez à tout cela. Si vous n'en avez pas encore fait l'expérience vous la ferez peut-être plus tard. Certain en ont déjà fait l'expérience jusqu'à un certain point. Certains sont déjà au bout de leur forces... "Dois-je rester ou partir ?" A Wat Ba Pong il y a environ 70 ou 80 cabanes (kuti). Quand le monastère est presque plein, je dis au moine en charge d'en laisser quelques-unes libres, au cas où quelqu'un aurait eu une dispute avec son époux ou épouse... Comme prévu, peu de temps après une dame arrive avec ses bagages... "J'en ai assez du monde, Luang por." " Oh ! Ne dites pas cela. Ces mots sont vraiment forts". Ensuite arrive le mari qui lui aussi dit qu'il en a assez. Après avoir passé deux ou trois jours au monastère, leur lassitude du monde a disparu. Ils disent qu'ils en ont assez, mais ils se trompent. Quand ils se dirigent vers une de nos cabanes et s'assoient là tout seuls dans le calme, après un certain temps les pensées arrivent : "Quand est-ce que ma femme va venir me demander de rentrer à la maison ?" Ils ne savent pas vraiment ce qui se passe. Quelle sorte de lassitude du monde éprouvent-ils ? Ils s'énervent pour un rien et courent au monastère.

A la maison tout semble de travers... après trois jours de réflexion ils pensent... "Hmmm, ma femme avait raison après tout. C'est moi qui avait tort". "Chéri avait raison, ne n'aurais pas dû m'énerver". Ils changent d'avis. C'est comme cela. C'est pourquoi j'ai choisi de vivre comme moine.

Je voudrais vous donner la discussion d'aujourd'hui comme devoir. Si vous êtes dans les champs ou si vous travaillez en ville, contemplez ces propos... "Pourquoi suis-je né ? Que vais-je pouvoir emmener avec moi ?" N'arrêtez pas de vous poser la question. Si vous vous la posez souvent vous allez devenir sage. Si vous ne la vous posez pas, vous resterez ignorant. Réécoutez la discussion d'aujourd'hui, vous pourriez y trouver quelque chose. Peut être pas maintenant, mais peut-être quand vous serez entré chez vous. Peut-être ce soir. Pendant que vous écoutiez ici tout était embué, mais peut-être une compréhension vous attend elle dans la voiture. Quand vous monterez dans la voiture peut-être que vous comprendrez. Ou peut-être tout deviendra-t-il clair quand vous serez rentré chez vous... "Oh, c'est cela que Luang Por a voulu dire. Je n'avais pas saisi".

Je pense que c'est assez pour aujourd'hui. Si je parle trop longtemps ce vieux corps devient fatigué.

lorsque je me fais insulter....ça se fête !!!! 03/11/2010

"buddha c un grand maitre de kong fu espece d'imbicile"
"psk t vraiment débil ta insulté le metal avec ton joué (buddha)"

lorsque je me fais insulter....
premiere fois depuis le debut de mon blog, ça se fête !

je m'y attendais pas, moi qui pensait me faire insulter de la part des extremistes d'autres religions ou par un nazillon, eh bien non mesdames et messieurs ! par un metalleux et pseudo-sataniste dont je tairais le nom (pas de pub !)

faut croire que les extremistes des autres religions m'apprecient plus que ce personnage ou qu'ils soient plus ouvert d'esprit...oui, oui vous avez bien lu, des extremistes religieux ouvert d'esprit...
c'est avec des comportements pareils que nous les metalleux sont TRES mal-vu là on va...
et dire que je pensais que le metal c'était la Liberté avec un grand L
une vrai curiosité...je vous jure...sataniste en écoutant SYSTEM OF A DOWN !!!

ah je précise :
1 je tiens à preciser que je fous la PAIX aux gens concernant leurs religions
2 je n'insulte JAMAIS personne
3 je me mêle de mes affaires
4 vous écoutez ce que vous voulez
5 je suis ouvert d'esprit

Tags : chat - system of a down

THICH THIÊN CHÂU : LA MORT SELON LES BOUDDHISTES (source http://www.buddhachannel.tv/portail/) 02/11/2010

Que se passe-t-il au moment de la mort ? Mais sait-on au juste ce qu'est la mort et quand elle apparaît vraiment ?
Le point de vue du vénérable Tich Thiên Châu, moine vietnamien.
Les phénomènes psychophysiques qui nous constituent naissent et meurent perpétuellement, à chaque instant pendant toute la durée de cette vie. En d'autres termes, la dissolution et la disparition sans cesse répétée de chaque combinaison psycho -physique momentanée.
A propos de l'instantanéité de l'existence, Buddhagosa a écrit, dans le Visuddhimagga, VIII : "Au sens absolu, nous n'avons qu'un temps de vie très court. La vie ne dure que le temps d'un unique instant de conscience. Tout comme la roue d'un chariot, qu'il roule ou soit immobile, ne s'arrête jamais que sur un point de la jante. Ainsi, la vie d'un être ne dure qu'un unique instant de conscience. Dès que cesse cet instant, l'être cesse aussi". La biologie nous informe aussi qu'en un an 98% des cellules de notre corps changent. Ainsi, la mort en tant que rupture des facultés vitales d'une forme d'existence n'est que l'interruption temporaire d'une forme, d'une apparence ; elle n'est pas l'annihilation complète d'un individu ; elle est, bien plutôt, la manifestation du passage immédiat à une autre existence. Seules les formes des organismes cessent de fonctionner, mais l'énergie, la soif d'existence inclue dans la force karmique, continue de se manifester dans une autre forme de vie. En conséquence, la loi de cause à effet opère sans interrompre les processus de vie.
L'individu est toujours responsable de ses actions et héritera de leurs résultats. En examinant la mort (la conception de la mort dans le Bouddhisme) à l'aide de ces points de doctrine, nous considérons de toutes façons la mort comme un phénomène aussi normal que la naissance. Sur ce sujet, voyons les explications du Bouddhisme concernant ce qui se passe au moment de la mort.
Généralement les gens sur le point de mourir étant physiquement faibles, ne peuvent contrôler ou diriger leurs pensées. Aussi, des impressions provoquées par des événements importants de leur vie présente ou de leurs existences passées, apparaissent activement dans leur esprit qui se trouve incapable de les rejeter.
Ceci constitue les trois sortes de pensées au moment de l'approche de la mort :
1. Le souvenir d'actions importantes, bonnes ou mauvaises, accomplies précédemment (karma)
2. Le symbole de ces actions (Kammanimitta), par exemple, le fusil avec lequel on a tué quelqu'un.
3. L'image de l'endroit où l'on doit renaître (gatini mitta), par exemple le lieu de souffrance extrême (naraka) pour les meurtriers, ou le lieu bienheureux (devaloka) pour les généreux.
Ces trois objets de pensée que l'on ne peut choisir consciemment apparaissent clairement dans l'esprit au moment de la mort. Ces pensées à l'approche de la mort constituent des actions près de la mort (maranasanna kamma) influençant et déterminant le caractère de l'existence à venir de la même façon que la dernière pensée précédant le sommeil peut devenir la première pensée au réveil.

De même, les actions les plus importantes d'une vie (garuka kamma), ainsi que les actions habituelles, bonnes ou mauvaises deviennent les pensées actives et prédominantes dans les dernières minutes. Si quelqu'une de ces actions est absente au moment de la mort, l'action cachée (katatta kamma) constitue la force qui produit la naissance. Il y a ainsi quatre catégories d'actions (Kamma) qui conditionnent l'apparition des pensées qui précèdent le mort. Après que ce processus de pensée soit apparu dans la conscience directrice (tadalambana) dont la fonction est d'enregistrer les impressions réelles, la pensée de la mort (cuticitta) advient. C'est la fin de cette existence.
Du raisonnement aux preuves "Que se passe-t-il après la mort ? " A ce propos, le Bouddha a exposé la "doctrine de la renaissance". Cette doctrine a son origine dans l'illumination du Bouddha et non dans aucune des croyances pré-bouddhistes avec lesquelles elle a souvent été, à tort, confondue. D'après cette doctrine de la renaissance, la mort est une porte qui s'ouvre sur une autre forme de naissance. Les deux existences sont réunies par la conscience de renaissance (patisandhi-vinnana) qui est conditionnée par la pensée précédant la mort (maranasanna javanacitta) et qui réapparaît au moment de la conception, c'est à dire avec la formation d'une nouvelle vie dans la mère. Cette conscience est identifiée comme "l'être à naître" (gandhabha). Immédiatement après, elle disparaît dans le courant subconscient de la nouvelle vie (bhevangasota) qu'elle conditionne sans interruption. C'est ainsi la conscience de renaissance qui détermine le caractère latent d'un individu. Il faut remarquer que le Bouddhisme ne dénie nullement l'hérédité parentale, mais insiste sur le fait que l'hérédité essentielle est la force karmique incluse dans le troisième facteur, qu'on appelle couramment "l'être à naître" (gandhabha), de la conscience de renaissance. De la mort à la renaissance, le courant de conscience est transmis sans l'intervention d'aucun intermédiaire (antarabhava). De même, la conscience de renaissance ne transmigre jamais d'une existence passée à une existence ultérieure. Il peut être utile de comparer cela à des phénomènes tels que l'écho, la lumière d'une lampe, l'impression d'un sceau ou l'image dans un miroir. Les deux existences consécutives ne sont ni identiques ni différentes (Milindapanha p. 40).
Comme la conscience de renaissance est conditionnée par la force karmique, on peut renaître après la mort dans l'une ou l'autre des cinq possibilités suivantes :
1. le lieu de souffrance extrême
2. le règne animal
3. les esprits
4. l'humanité
5. les mondes célestes.
Il est bon de dire à ce propos que la doctrine de la renaissance qui est une théorie de la continuité de l'être après la mort, est différente de la doctrine de la réincarnation ou de la transmigration Hindoue ; car c'est en effet une doctrine séparée et tenant le milieu entre les deux extrêmes :
la théorie de l'éternité (sassataditthi) qui admet l'existence d'un ego persistant ou d'une personnalité existant indépendamment de ses processus psychophysiques.
la théorie de l'anihilation (uccedaditthi) qui, à l'opposé, admet l'existence d'un ego ou d'une personnalité qui s'identifie entièrement à un processus psycho-physique et, par conséquent, est annihilé par la mort. La doctrine de la renaissance n'est pas un dogme qui doit être accepté d'avance, mais plutôt un principe qui peut être vérifié. Les 20 cas de renaissance recueillis et analysés par le Docteur Ian Stevenson Department of Neurology and Psychiatry School of Medicine, University of Virginia, et publiés sous le titre de "20 cases suggestive of reincarnation" en constituent une preuve.
Par Tich Thien Châu
Bouddhisme Actualités
270 avenue Pessicart Bt C
06100 Nice France

La discrimination ca passe pas ! 30/10/2010

Toi aussi tu veux cette image sur ton blog, ca se passe sur le blog ouvertatous.skyrock.com

Arrêtons de critiquer 25/10/2010

Arrêtons de critiquer...enfin, on va essayer.....
« Il y a des critiques qui ne demeurent "critique" que le temps de n'avoir pas réfléchi. »
Paul Valéry
(grâce a buddhachannel)
(retrouvez les dessins de zem  => http://zemapprentimaitrezen.wordpress.com/)